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Tome second.
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482 HISTOIRE DE NAPOLEON . — 1812.

confidence de toutes les explications conciliatrices qu’il pouvait offrir,et rendit Czerniclieff porteur d’une lettre particulière adressée à l’em-pereur Alexandre. Czerniclieff partit pour Saint-Pétersbourg , le 25 fé-vrier; deux jours après, Napoléon apprit que cet envoyé, abusant deson caractère et de sa position près du gouvernement français , avaitacheté à prix d’or et emporté l’état effectif de nos armées. On courut aprèslui; il était déjà hors de toute atteinte. Le commis de la guerre queCzerniclieff avait corrompu paya de sa tête la déloyauté de l’agentmoskovite, à qui Napoléon lui-même avait, deux ans auparavant, re-proché avec bonté la nature de ses relations et l’objet de ses recherchesdans la capitale.

Dans le même moment, Napoléon , qui jugeait la guerre inévitable,se dispose à confier à la garde nationale le territoire de l’empire pen-dant que nos armées vont s’éloigner; il a rattaché aussi l’Autriche à lacause de la France par un traité conclu à Paris , le 14 mars, entre leduc de Bassano et l’ambassadeur prince de Sclrwartzemberg ; traité quiprévoyait le rétablissement du royaume de Pologne. En expédiant cetacte diplomatique à M. de Neipperg, ministre d’Autriche en Suède ,M. de Sclnvartzemberg écrivait « que leur souverain avait épuisé vaine-ment toutes les démarches tendantes à la conservation de la paix sur lecontinent, auprès du cabinet de Pétersbourg, et que, dans un état dechoses où tout devait être dirigé vers le but commun, il 1 engageait àemployer tout son crédit auprès du gouvernement suédois pour le lierà la cause actuelle, en lui faisant espérer, de l’immense avantage qu’unepareille diversion apporterait aux mouvements des alliés dans le Nord,le recouvrement de la province de Finlande . Les nœuds d’amitié et defamille qui existent entre notre cour et celle de France , ajoutait l’am-bassadeur, viennent d’être renforcés aujourd’hui par un lien qui devaiten être la suite naturelle, pour établir d’une manière solennelle desrelations de confiance et d’intimité entre les deux empires. » Tels étaient,au mois de mars 1812, les sentiments avoués et confidentiels de la courd’Autriche pour la cour de France. Neuf mois plus tard, la fortune de-vait les transporter à cet ennemi contre lequel le cabinet de Vienne voulait armer la Suède et marcher lui-même. Les tentatives de ce cabi-net et toutes celles de Napoléon échouèrent devant les mauvaises dis-positions de Bernadotte , qui, oubliant la source de sa gloire et foulantaux pieds le souvenir de sa première patrie, s’engageait, le 24 mars,