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HISTOIRE DE NAPOLEON ,par un traité avec la Russie , à combattre contre nous. Le prix de cettedésertion était l’assurance donnée au prince royal, qu’Alexandre l’aide-rait à porter une guerre injuste dans le sein du Danemark pour luienlever la Nonvége. Des trahisons présentes ou futures, des spoliationsrévoltantes et méditées de loin, voilà les commencements de cette liguequi a osé prendre le nom de sainte alliance, et invoquer la liberté, afinde mettre la religion et les peuples de son côté. Napoléon essaya aussid’empêcher la Porte de conclure la paix avec la Russie , et chercha tousles moyens de décider le sultan, auquel la France et l’Autriche garan-tissaient l’intégrité de ses états, à entrer en campagne avec cent millehommes : on verra plus tard comment le succès de cette démarche futcompromis, malgré la reprise des hostilités sur le Danube .
La conduite de Czernicheff, le long silence opposé à la lettre dont ilétait chargé, ne faisaient pas augurer heureusement des déterminationsqu’adopterait Alexandre, ou plutôt présageaient une issue peu favo-rable pour les négociations; d’ailleurs, des avis indirects, mais posi-tifs, annonçaient des intentions hostiles. D’un autre côté, tout démon-trait qu’Alexandre était dans les mains de l’Angleterre ; en conséquence,Napoléon crut devoir s’adresser à cette puissance. Par ses ordres, M. deRassano écrivit au lord Castelreagh pour lui donner connaissance desdispositions pacifiques de la France . La lettre du ministre fut expédiéepour Londres le 17 avril. La France déclarait « renoncer à toute exten-sion du côté des Pyrénées. Elle garantissait l’intégrité de l’Espagne ; ladynastie actuelle serait déclarée indépendante, et l’Espagne serait régiepar une constitution nationale des cortès. La maison de Bragance ré-gnerait err Portugal. Le royaume de Naples resterait au roi Joachim,et le royaume de Sicile serait garanti à la maison actuellement régnante.Par suite de ces stipulations, l’Espagne, le Portugal et la Sicile seraientévacuées par les troupes françaises et anglaises de terre et de mer. » Le
23 avril, lord Castelreagh répondit qu’il ne pouvait traiter que si ladynastie de Ferdinand était reconnue en Espagne .
Sur ces entrefaites arrive enfin M. le baron de Serdobin avec la ré-ponse de Saint-Pétersbourg à la lettre que Napoléon avait remise à31. de Czernicheff. Le prince Kourakin se rend chez M. de Rassano, le
24 avril, et l’avertit que la Russie exige, avant tout, que les arméesfrançaises évacuent la Prusse et se retirent derrière le Rhin . Le 25 ,Napoléon, qui ne veut pas prendre à la lettre ces arrogances diploma-