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HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1812.une prétendue lettre de Napoléon dans laquelle il proposait à Alexan-dre, pour moyen d’arrangement, le partage de l’empire turc. JosephFonton, dès longtemps stipendié de l’Angleterre, consulté par Galib-Effendi, certifia la vérité du document. Le fait matériel de la présencedu comte de Narbonne à ’Wihta aida encore à convaincre les stupidesOttomans . L’Empereur ne fut pas le seul trompé dans cette circon-stance : le sultan le fut également; quand il apprit l’entrée de Napoléon en Russie , il refusa de ratifier le traité, et ne s’y détermina que parl’influence menaçante de l’Angleterre. Ce retard à la ratification retintl’armée russe en Moldavie , et lui permit de s’ébranler seulement aumois d’octobre. Elle ne rejoignit l’armée française, comme on le verrapar la suite, que pendant la retraite, à ce fameux passage de la Béré-sina, où elle éprouva une défaite décisive. Les Etats-Unis viennent dedéclarer la guerre à l’Angleterre; mais qu’est-ce que cette faible etlointaine querelle auprès de l’importante diversion que Napoléon atten-dait de la Porte Ottomane , auprès des graves inconvénients de l’al-liance de la Suède avec la Russie !
Le comte de Narbonne est revenu de Wilna, sans autre réponse quel'ultimatum remis par le prince Kourakin ; Napoléon sent que les négo-ciations ne peuvent plus obtenir de succès, et se prépare aussitôt àquitter Dresde . Le 28 mai, il signe les travails que les ministres ontenvoyés de Paris ; le 29, à trois heures du matin, il part pour l’arméeet arrive à Glogau; le 30, il entre en Pologne; il y reçoit à Posen lalettre de Bernadotte qui, déjà lié à la Russie par un traité, demandela Nonvége et un subside pour se rallier à la cause française; cette pro-position l’indigne. « Bernadotte , s’écrie-t-il, n’est que mon lieutenant;qu’il marche quand ses deux patries le lui ordonnent! S’il hésite, qu’onne me parle plus de cet homme.... Je n’achèterai point un allié douteuxaux dépens d’un allié fidèle. » De Posen Napoléon se rend à Thorn,d’où il dirige les premiers mouvements de son armée vers les points depassage et d’attaque qu’il a lui-mème choisis. Le 7 juin, il arrive àDantzick, inspecte les ouvrages, parcourt la rive et visite la ville deWeichselmund, devenue par ses ordres une place du second ordre.Parti de Dantzick le 11 au matin, il est le 12 à Kœnigsberg , après avoirpassé en revue les six belles divisions de Davoust sur la route. Appli-qué tout entier aux détails de la plus vaste des administrations militai-res , pendant que ses divers corps d’armée exécutent les marches près-