Band 
Tome second.
Seite
188
JPEG-Download
 

188 HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 4812.

crites, il reste clans cette ville jusqu’au 17. Le môme jour, il s’arrête àYéhlau ; le 18, à Instcrburg : on y trouve les rives de la Pregel cou-vertes de vivres, et deux cent vingt mille hommes y débouchent à lafois par quatre chemins différents. Le 19, nous entrons à Gumhinen;c’est là que l’on apprend le refus des passe-ports réclamés par le géné-ral Lauriston pour pouvoir se rendre à Wilna. On lui a seulement per-mis l’envoi d’un exprès chargé de solliciter, de sa part, une audienced’Alexandre. Cette seconde demande n’a obtenu qu’une réponse néga-tive. A cette nouvelle, Napoléon s’écrie : « Les vaincus prennent le tondes vainqueurs! Ils nous provoquent, et nous aurions sans doute à lesen remercier.... Acceptons comme une faveur l’occasion qui nous faitviolence, et passons le Niémen . » Le 22, de son quartier impérial deWilkowiski, l’Empereur adresse à ses armées la proclamation suivante :

« Soldats,

« La seconde guerre de Pologne est commencée. La première s’estterminée à Friedland et à Tilsitt. La Russie a juré éternelle alliance à laFrance et guerre à l’Angleterre; elle viole aujourd’hui ses serments :elle ne veut donner aucune explication de cette étrange conduite, queles aigles françaises n’aient repassé le Rhin , laissant par là nos alliés àsa discrétion. La Russie est entraînée par la fatalité; ses destins doivents’accomplir. Nous croit-elle donc dégénérés? Ne sommes-nous plus lessoldats d’Austerlitz? Elle nous place entre le déshonneur et la guerre;le choix ne saurait être douteux. Marchons donc en avant, passons leNiémen, portons la guerre sur son territoire. La seconde guerre de Po-logne sera glorieuse aux armées françaises comme la première ; mais lapaix que nous conclurons portera avec elle sa garantie, et mettra un termeà la funeste influence que la Russie a exercée depuis cinquante ans surles affaires de l’Europe . »