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Tome second.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON. - 1812. 191

seules paroles, que le royaume de Pologne existe , et qu’il existerait. »Napoléon leur répondit entre autres choses : « Députés de la confédé-ration de Pologne, j’ai entendu avec intérêt ce que vous m’avez dit.Polonais, je penserais et agirais comme vous; j’aurais voté commevous dans l’assemblée de Varsovie . L’amour de son pays est le premierdevoir de l’homme civilisé. Dans ma situation, j’ai beaucoup d’intérêtsà concilier, beaucoup de devoirs à rempbr. J’aime votre nation : pen-dant seize ans, j’ai vu vos soldats à mes côtés. J’applaudis à ce quevous avez fait; j’autorise les efforts que vous voulez faire. Je ferai toutce qui dépendra de moi pour seconder vos résolutions. Si vos effortssont unanimes, vous pouvez concevoir l’espérance de réduire vos en-nemis à reconnaître vos droits.... Je vous ai tenu le même langage dèsma première entrée en Pologne : je dois y ajouter que j’ai garanti àl’empereur d’Autriche l’intégrité de ses domaines. » Cette réponse, quedictait la loyauté, la plus saine politique et des circonstances impé-rieuses, désenchanta la Pologne sans l’empêcher de nous donner en-core des preuves de dévouement, mécontenta la France qui s’était pluà prononcer d’avance la restauration du royaume dévoré par le cou-pable triumvirat du Nord : elle fit croire que Napoléon , en doutant desa force, doutait de son succès, et commettait une grande faute. Peuavant cette réponse, le général Balachoff, aide de camp de l’empereurAlexandre et son ministre de la police, était venu à Wilna, commeparlementaire de la part de ce prince, qui proposait de rentrer dans lesystème continental, et de s’entendre sur tous les autres points en litige,sous la condition que l’armée française se retirerait derrière le Niémen .Napoléon demandait à traiter sur-le-champ à Wilna même ; et toutporte à croire que les deux empereurs se seraient conciliés. M. Bala-choff fut accusé depuis de n’avoir pas peu contribué à exciter l’irri-tation de son maître, en dénaturant les termes de la réponse de Napo-léon à une proposition qui lui rappelait l’offensant ultimatum du princeKourakin ; la guerre dut continuer.

Les armées des ducs de Parente, de Reggio, d’Elchingen et du roi deNaples se rangent l’une après l’autre sur les bords de la Dwina, quiprotège les Busses dans leur camp retranché de la Drissa, où l’empe-reur Alexandre, ayant Bardai de Tolly sous ses ordres, attend avecanxiété des nouvelles de ses autres généraux dispersés au loin, et sur-tout de Bagration, dont Napoléon , de sou côté, a préparé la ruine. Mais