192 HISTOIRE DE NAPOLEON . — 1812.le roi de Westphalie a perdu deux fois un temps précieux pour la pour-suite de l’arrière-garde de ce général; et si Davoust, chargé de le dé-truire, a montré beaucoup d’audace et de fermeté devant lui, il n’estpas sorti ou n’a pas pu sortir à propos de Minsk pour l’écraser. Néan-moins Napoléon , convaincu de la possibilité de réparer encore le mal,transmet de nouvelles instructions à son lieutenant, ainsi qu’au roi Jé-rôme , et prescrit au prince de Schvvartzemberg, qu’il a lancé aussi surles traces de Bagration, de venir se placer entre la forêt de Bobruisk etles marais de Pinsk. Tel est l’emploi connu des dix-sept jours passés àAYilna, et qu’on a tant reprochés au grand capitaine accoutumé à ter-rasser ses ennemis par des coups de tonnerre.
Alexandre, dans de fastueuses proclamations, ayant promis de com-battre et de vaincre à Drissa, Napoléon marche de Bloukoboë à une ba-taille pour laquelle il a tout disposé. A son approche, le czar n'ose pascompter, pour nous résister, sur deux armées divisées l’une de l’autre,et ordonne d’évacuer ce fameux camp, le fruit d’uue année de travauxconsidérables, tandis qu’il va se rendre à Saint-Pétersbourg afin depresser la levée générale que réclame le salut de son empire. Ainsi lagrande bataille échappe encore à Napoléon . L’abandon subit du campde Drissa présente à ses armes une guerre toute nouvelle. D’après sesordres, tous nos corps d’armée, partis du Niémen à des époques et pardes routes différentes, arrivent le même jour, à la même heure, à Be-chenkovvilchi, sur les rives de la Duna; mais il ne trouve plus que destraîneurs au delà du fleuve. Devancé par Bardai de Tolly à AVitepsk, ily court après avoir mis en mouvement le duc de Tarente qui s’avancesur Riga , et le duc de Beggio qui doit démolir d’abord le camp deDrissa, ensuite occuper Polotsk , devancer AYittgenstein à Sébe'ge, et luicouper la retraite sur Saint-Pétersbourg . Eu cet instant le bruit du ca-non semble annoncer une bataille avec Bardai de Tolly, résolu à nousdisputer AVitepsk. Mais ce n’était qu’une affaire d’avant-garde à Os-trovvno, affaire sérieuse toutefois, et dans laquelle la brillante valeurde Murat, et d’Eugène, secondée par l’intrépidité de nos braves soldats,triompha de l’inébranlable constance des Busses. Une autre action, plusacharnée encore, eut lieu au delà d’Ostrowuo avec le corps de Pahleuet d’Ostermann. L’Empereur survint au moment nécessaire pour ache-ver la seconde victoire, en chassant l’ennemi d’un bois dans lequel onn’avait pas osé s’engager, et qu’il paraissait vouloir tenir après sa re-