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Tome second.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1812.nemis, tout le monde s’accorde à penser que Bardai de Tolly était perdusans l’inconcevable désobéissance de Junot. A Borne, jadis, elle eût at-tiré la mort sur la tête de son auteur : Napoléon pardonna. Sans doute,il se souvint du sergent de la Côte-d’Or , son intrépide secrétaire ausiège de Toulon , et des nombreux services de l’officier qui lui avaitsauvé la vie en Égypte . Malgré le regret que devait lui laisser le résul-tat imparfait de la victoire de Yaloutina, il reprit toute sa sérénité pourdistribuer de magnifiques récompenses à ses soldats, dans une céré-monie dont le théâtre était un champ couvert de sanglants débris, et oùl’enthousiasme de la gloire, excité au plus haut degré par sa présenceet par ses paroles, tantôt affectueuses et paternelles, tantôt guerrièreset sublimes, effaçait à tous les yeux les images de la mort répanduesde tous côtés.

A Smolensk, la faute du duc d’Abrantès et ses funestes conséquences ;le miracle du salut de l’armée russe; la fatalité qui s’attache en son ab-sence aux opérations les mieux conçues et les plus décisives ; la bataillegénérale qui reculait toujours devant lui; la mollesse du prince deSchwartzemberg à soutenir le général Keynier victorieux, à Ghoro-deczna, de Tormazoff, déjà effrayé de l’arrivée du duc de Bellune avecson corps sur la Yistule ; en Wolhynie , l’insuccès inattendu des soixantemille hommes confiés au duc de Beggio, contre AVittgeustein beaucoupplus faible que nous : telles sont les idées qui poursuivent Napoléon àson retour de Yaloutina. Des méditations profondes et voisines du dé-goût s’emparent de lui et semblent devoir l’arrêter à Smolensk . Maistout à coup le général Gouvion-Saint-Cyr a réparé les fautes ou le mal-heur du duc de Beggio à Polotsk , et mérité le bâton de maréchal qu’ilobtient; les nouvelles du roi de Naples, du prince d’Eckmühl, du gé-néral Grouchy , sont favorables ; les Busses, consternés, se replient entoute hâte, abandonnant leurs blessés : l’armée française va marcher enavant, malgré les murmures de la faiblesse, du découragement, et lesalarmes d’un certain nombre d’hommes qui, de feu dans les combats,sont de glace dans le conseil, et tremblent d’envisager d’avance des dan-gers ou des obstacles qu’ils affronteront tous avec le plus grand cou-rage. D’après de nouveaux renseignements, Napoléon met en mouve-ment l’armée du prince Eugène, et part de Smolensk ; il a jugé qu’unebataille était devenue indispensable aux ennemis pour calmer et rassu-rer la Bussie, aussi indignée que consternée de la prise de Smolensk ;