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Tome second.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1812.nom du ciel les secours de Moskou , il aurait eu d’avance devant les yeuxl’image de la ville sainte condamnée à l’incendie par lui-même! Rostop-chin seul est coupable, quand même il n’eût fait qu’obéir. Moskou peu-plée assurait probablement le triomphe de Napoléon; mais Moskou

t

déserte n’était pour lui qu’une station malheureuse de la victoire, etpeut-être plus perfide que Moskou en cendres. Aucune politique, aucunsentiment énergique de patriotisme, aucune nécessité n’ont mis la torchedans les mains de l’incendiaire. Il n’y a qu’une sombre, qu’une aveuglefureur qui ait pu pousser un Scythe du dix-neuvième siècle à braver lesmalédictions de trois cent mille de ses compatriotes réduits au désespoir,et les cris de trente mille blessés menacés de brûler dans les hôpitaux, oùils attendaient les secours de la patrie pour laquelle leur sang venait decouler ! ! !

Tandis que l’incendie dévorait Moskou, le Kremlin , environné dehautes murailles, paraissait à l’abri de toute atteinte; mais les flam-mèches qui tombaient dans la cour de l’arsenal pendant la visite del’Empereur, les brandons enflammés qui volaient de toutes parts, pou-vaient causer l’explosion des caissons de la garde : déjà deux fois le feua été mis à la forteresse ; on n’y respire que de la cendre et de la fumée ;la nuit approche, le vent redouble avec violence, chaque instant ajouteà l’intensité du mal et diminue les chances de salut. Assailli des in-stances et des supplications de ses principaux officiers, Napoléon con-sent avec peine à quitter ce fatal séjour, où la grandeur même du dangersemblait le retenir par une espèce de puissance qui n’agit que sur deshommes d’une trempe comme la sienne et qui n’aiment à reculer devantaucun obstacle. Un chemin brûlant le conduit au château impérial dePetrovvskoïe, au milieu des cantonnements du prince Eugène. C’est làque se voyant privé de Moskou , qui ne peut plus servir à ses desseins,il conçoit et déclare, après deux jours de méditation, le projet de mar-cher sur Saint-Pétersbourg en effectuant la retraite sur la basse Ihvina,pour aller traverser lés routes des provinces de Velikié-Louki et de lagrande Novogorod, prendre Wittgenstein à dos, et donner la main auxarmées du maréchal Saint-Cyr, des ducs de Tarente et de Bellune, quis’avanceront vers Pskow. Ce mouvement hardi, qu’Alexandre redoutaau point d’évacuer sur Londres ses .archives avec ses trésors les plusprécieux, et d’appeler de la Podolie l’armée de Tchitchagoff pour cou-vrir Saint-Pétersbourg , décourage les plus entreprenants, excepté le