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Tome second.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1812.vice-roi. C’est vers le Midi, vers la Wolhynie, dit-on, qu’il faut tournerses pas, cantonner sous un climat plus doux, refaire notre armée, réu-nir tous nos moyens et revenir ensuite au printemps attaquer les Russesau cœur de l’empire. H fallait aussi décider l’Empereur à partir le jourmême pour la Wolhynie. Napoléon a cédé, mais malheureusement ilrentre au Kremlin le 18 septembre. Moskou , malgré sa destruction,pouvait encore faire vivre l’armée dans une certaine abondance : onavait sauvé plusieurs grands magasins particuliers ; les caves, pour laplupart, étaient restées intactes; les nombreux jardins étaient remplisde légumes de l’arrière-saison. Napoléon appliqua tous ses soins à éta-blir l’ordre dans l’usage de toutes ces ressources devenues d’un prixinestimable. D’ailleurs il a mis toute sa gloire, toute son espérance àattendre la paix à Moskou . Eatale illusion d’une âme héroïque, quitrompa son génie! L’incendie de Moskou disait assez qu’il n’y avaitpoint de terrain en Russie pour la paix. Alexandre l’avait déclaré à Nar-bonne à Lauriston, et à Napoléon par Kourakin et par Ralachoff. Napo-léon ne se souvenait que de l’Alexandre de Tilsitt et d’Erfurt , qu’iln’avait point pénétré, et il espérait encore le retour de ces souvenirs,malgré le grand crime de Moskou . Un incident vint bientôt lui offrirune occasion de sonder les dispositions du czar. La maison des enfantstrouvés, placée sous la protection spéciale de l’impératrice mère, avaitété préservée des flammes. Admis devant le sauveur de tous ses enfants,M. de Toutelmine, sous-directeur de l’établissement, demanda la per-mission. d’adresser son rapport à l’impératrice, dans lequel il fut auto-risé à glisser des ouvertures de paix. Une autre tentative plus directefut faite aussi par Napoléon dans une lettre à l’empereur Alexandre,remise entre les mains de M. de Jakovvleff, qui partit le 24 septembrepour Saint-Pétersbourg , en assurant qu’il parviendrait jusqu’au czar.Dix jours après, toujours plus impatient de la paix, l’Empereur envoyaau camp des Russes l’ambassadeur Lauriston, avec des propositionsd’entrer en négociations et d’y préluder par un armistice. Le fekl-ma-réchal Kutusoff, alléguant le défaut de pouvoirs, se contenta d’expédierà Saint-Péterbourg le prince Yolkonsky, chargé de communiquer auministère les offres de Napoléon . Kutusoff, le coryphée du parti an-glais en Russie , était entièrement opposé à la paix, et l’empereurAlexandre, qui aurait penché à l’accepter, se trouvait placé sous l’in-fluence, je dirai même sous la terreur de ce parti, et presque menacé