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Tome second.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1812. 207

du sort de son père. Voilà comment la politique trompa l’attente deNapoléon , qui, ne connaissant pas la position critique et dangereuse deson ancien ami, s’abusait sur ce qu’il pourrait se croire en droit d’espé-rer d’Alexandre livré à lui-même.

Cependant les Russes avaient continué leur retraite par la route deBronnitzy et de Kolomna , dans l’intention de nous donner le changesur leur destination véritable ; et soudain, à la faveur de la nuit, ilstournent vers le sud, pour se rendre par Padol entre Kalouga etMoskou . Cette marche autour de la ville, dont les flammes éclairaientl’armée, tendait à exciter au plus haut degré l’indignation et la ragedes soldats russes , auxquels leurs officiers ne cessaient de répéter :« Non contents d’avoir brûlé Smolensk , l’antique boulevard de notrepatrie, d’avoir incendié toutes les cités qui font partie de son antiquehéritage, les Français portent une main sacrilège sur la ville sainte.Les flammes qui dévorent l’ancienne capitale vous prouvent qu’ilsveulent la destruction de notre nation et le renversement de notrereligion. » Napoléon ne tarde point à connaître le vrai mouvementde l’armée russe, et trace en conséquence des instructions au roi deNaples, à Poniatowski, au duc d’Tstrie. Cependant les tentatives hardiesde l’ennemi, à moitié chemin de Mojaïsk à Moskou , dont bientôt unecolonne de trois mille Russes a intercepté la route, attirent toute sonattention : il les fait poursuivre avec vigueur pour les rejeter derrièrel’Oka . Dans l’intervalle du départ de ses ordres à leur exécution, ilapprend, par différents courriers qui se succèdent au quartier général ,les fatales lenteurs de Schwartzemberg devant Tormazoff, et sa retraiteà l’approche de l’armée de l’amiral Tchitchagoff; mais, réduisant ccrenfort à sa juste valeur, et comptant les soldats de l’amiral comme s’illes avait vus, il écrit au général autrichien pour l’engager à ne pascroire aux exagérations accoutumées des Russes sur leurs forces, et à lesattaquer sans retard ; en même temps, par un surcroît de prudence, ildemande à François II de nouveaux secours. Ses lettres excitent demême le zèle de la Prusse et de nos autres alliés du continent. En cemoment, les dépêches de l’Espagne dévoilent les funestes conséquencesde la défaite du duc de Raguse : on reçoit aussi au quartier général desnouvelles peu favorables des bords de la Dwina et de la Baltique . Lesordres de Napoléon pai’tent avec la rapidité de l’éclair pour réparer ouprévenir le mal; il s’applique surtout à tracer des règles de conduite