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Tome second.
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208 HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 18-12.

sûres et précises au duc de Bellune, qu’il retient à Smolensk , afin desurveiller Minsk et Wilna. Sur l’armée de ce maréchal reposent mainte-nant les combinaisons de la haute prévoyance de Napoléon et le succèsdes opérations qu’il a méditées, et qui sauveront l’armée si son lieu-tenant exécute avec exactitude et fidélité les mesures qui lui serontconfiées.

Napoléon se préparait depuis le 5 octobre à quitter Moskou , qui nepouvait plus être une position militaire ; c’est ce qu’attestent ses ordresréitérés sur l’artillerie, sur les remontes, sur les vivres et l’habillement,et la surveillance sévère qu’il exerçait sur toutes les parties du service.Il avait annoncé sa retraite au roi de Naples, aux ducs d’Abrantès et deBellune, à son ministre des relations extérieures, le duc de Bassano,en leur prescrivant, jusque dans les moindres détails, tout ce qu’ilsavaient à faire, soit pour seconder son mouvement, soit pour la sûretéde la route et des communications de Moskou à Smolensk , soit pourréunir sur les points les plus nécessaires les hommes, les armes dont/il a besoin. Napoléon va ramener son armée dans le carré entre Smolensk ,Mohilow, Minsk et Witepsk . Là, entouré de ses imposantes réserves etde ses deux ailes, appuyé sur un pays ami de la Pologne , sur six lignesde dépôts et de magasins de toute espèce d’approvisionnements qu’ila rassemblés avec des soins non moins importants que tous ceux ducommandement, il pourra menacer au printemps la ville de Sanit-Pétersbourg, dont sa nouvelle situation l’aura rapproché de cinquantelieues. Chaque jour s’exécutaient ses nombreuses dispositions pourl’évacuation. Les hôpitaux et les blessés, à l’égard desquels Napoléonavait pris toutes les précautions d’un chef habile qui veille au salutde soldats qu’il aime et qu’il apprécie, étaient sur le chemin deSmolensk .

Retenu par tant de travaux, et plus encore par l’attente des réponsesde Saint-Pétersbourg , qui ne vinrent point, qui ne devaient pas venir,il a vu la première neige tomber le 13, et il se hâte de mettre ses diffé-rents corps en marche. Avant leur départ, Napoléon, qui avait depuislongtemps interdit les parlementages entre les avant-postes et prévules inconvénients du relâchement qui pouvait résulter des communi-cations presque amicales de nos généraux avec ceux de l’ennemi, re-commande au héros des Cosaques, à Murat, de se bien garder, etde tenir à WinskoAvo autant qu’il sera possible, ou de se replier sur