Band 
Tome second.
Seite
211
JPEG-Download
 

HISTOIRE DE NAPOLÉON. ^ 1812. ‘211

ennemi sur ce point. Malheureusement son ordre ne fut pas exécuté ,comme il arriva tant de fois dans cette campagne. Kutusoff, ayant enfinpénétré le mouvement de l’armée française, avait levé son camp de Ta-routino, dans la nuit du 23 au 24, pour tâcher de nous devancer àMalo-Jaroslavetz, et soutenir Doctoroff, qu’il y avait envoyé avec lamission de s’en emparer. Deux bataillons français , seulement, gardaientcette ville : assaillis du côté de Czinrickowa par des forces supérieures,ils furent obligés de plier; mais la treizième division accourut, et Del-zons répara noblement sa faute en reprenant la position. La lutte s’ysoutenait avec des chances variées, lorsque l’armée de Kutusoff semontra successivement et se déploya autour de nous. Au premier bruitdu canon, Napoléon s’était élancé au galop. Rencontré par un courrierdu vice-roi, il expédie à Eugène l’ordre de tenir à tout prix, et luiannonce des secours ; en même temps, il presse lui-même la marchedes colonnes de Davoust, et vole au théâtre du combat. Arrivé versmidi, Napoléon voit une bataille terrible dont il connaît déjà les princi-pales circonstances. Engagés l’une après l’autre, suivant les besoins del’action, mais à de trop longs intervalles peut-être, les troupes françaisesont renoncé à la défensive pour aborder l’eimeiniavec une rare intrépidité.Plus le nombre a augmenté devant elles, plus elles ont redoublé d’éner-gie. Dans une de leurs victorieuses attaques, l’héroïque Delzons étanttombé mort, le général Guilleminot l’a remplacé. Ses premiers effortsétaient heureux ; mais les Russes , d’abord ébranlés par lui et par laperte de Doctoroff, ont reçu dans leurs rangs de nouvelles troupes :il a donc fallu faire avancer la quinzième division pour soutenir lesdeux autres. Lancée avec vigueur, la deuxième brigade de cette divisionvient de rentrer eu possession de la ville et de couronner les hauteurs.Alors assaillis par de fortes colonnes, et pris de flanc par la droite del’ennemi, dont l’artillerie plonge sur eux, ces braves, malgré une ad-mirable fermeté, doivent à leur tour céder au nombre et à l’avantagede la situation. Aussitôt Eugène ordonne au colonel Péraldi, comman-dant le deuxième régiment de la garde royale, de passer le pont. Cetofficier, auquel se rallient les restes de la seconde brigade de la quin-zième division qui a tant souffert, attaque rapidement l’ennemi etl’oblige à reculer. Appuyé par les renforts que le vice-roi lui envoieà propos, Péraldi redouble d’audace et culbute l’aile droite des Russes .Un ravin profond et escarpé arrête ce colonel ; une batterie tout à coup

14 .