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Tome second.
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212 HISTOIRE DE NAPOLÉON . - 1812.

démasquée lui cause des pertes considérables : les Russes qu’il abattus se raniment à l’aspect de son danger ; ils avancent avec denouveaux auxiliaires, et le rejettent en arrière. Péraldi revient à lacharge, les met en désordre et les repousse jusqu’au ravin. Pendantces efforts si bien dirigés, le vice-roi porte aussi l’attention la plussérieuse sur les alternatives du combat de Malo-Jaroslavetz, que lesdeux partis se disputent avec un acharnement sans exemple. La ville,incendiée par les obus de Kutusoff, a été prise et reprise jusqu’à septfois : nous en restons les maîtres. Témoin de l’action et prêt à marcherpartout où sa présence sera nécessaire, l’Empereur donne ses ordreset veille sur tout le monde, en laissant l’honneur de la journée auprince ; il loue les belles dispositions autant que la brillante valeur deson fils adoptif, et la constance des jeunes soldats d’Italie , les élèves etdéjà les rivaux de ses vieux compagnons de guerre. Dès son arrivée, ila fait soutenir Eugène par deux fortes batteries placées sur la droite etsur la gauche ; en même temps, deux ponts à chevalet établis, grâce àsa prévoyance, au-dessus du pont de l’Ougea, ont facilité les commu-nications , ainsi que l’envoi des secours au moment opportun, précau-tions sans lesquelles nos troupes n’auraient jamais pu sortir victorieusesd’une lutte aussi inégale. Le jour touche à sa fin, lorsque les divisionsdu prince d’Eckmühl et leurs mouvements, que Napoléon indique etsurveille lui-même, terminent l’affaire. Battu avec soixante-dix millehommes qui n’ont eu en face que seize mille combattants ramassés dansun ravin, dominés par une ville bâtie sur une pente rapide et escarpée,Kutusoff rappelle ses troupes harassées, et recule sa ligne en gardantla route de Kalouga .

Le feld-maréchal voudra-t-il tenter de nouveau le sort des armes? Va-t-il, au contraire, opérer sa l’etraite? Le premier avis ne trouve que despartisans autour de l’Empereur, et presque tous conseillent d’éviter ab-solument aucun autre engagement général. Napoléon , avec son coupd’œil sûr et x’apide, se décide pour la seconde opinion, malgré tous lesrapports dont on l’assiège. L’aspect du champ de bataille, où les Rus-ses ont laissé tant de morts et de débi’is, le confirme dans son senti-ment. Cependant Murat, Davoust, le comte de Lobau et une foule d’au-tres, persistent dans l’idée contraire. Suivant eux, Kutusoff se prépareà une bataille; et tous, comme de concei't, s’appliquent à multiplier lesarguments pour qu’on ne coure pas même les chances du succès :