214 HISTOIRE DE NAPOLEON . — 1812.
Mojaïsk , nous suivons la route de Smolensk, non loin de Borodino :ce nom réveille de glorieux souvenirs qui ne peuvent balancer les som-bres impressions de l’aspect du champ de bataille. Napoléon passe ets’arrête au grand hôpital de Kolotskoï. Là, voyant avec douleur queses ordres de Moskou pour l’évacuation des blessés n’ont pas reçutoute leur exécution, il lait placer devant lui dans les voitures qui dé-filent , et dans les siennes propres, tous ceux dont le transport est pra-ticable, et les recommande aux officiers de santé de sa maison; onconfie les autres à la reconnaissance des officiers russes qui étaientencore à l’hôpital, et que nos chirurgiens avaient pansés après la ba-taille : il court ensuite à Gjath , et entre le 31 à Wiasma, point qu’ilbrûle d’occuper; il y reste pour attendre ses troupes, dont il presse lamarche trop lente à son gré. Dans l’intervalle, les hordes de Platoffont tenté d’entamer le corps du prince d’Eckmühl près de l’abbaye deKolotskoï, en même temps que le colonel Kaizaroff, avec une brigadede Cosaques , attaquait les équipages du vice-roi. Toutes ces insultesont été vigoureusement repoussées. Napoléon connaît ces nouvelles;mais qu’il en trouve de différentes dans les lettres qui lui sont remisesà Wiasma!
Nous nous dirigeons vers Smolensk , et le duc de Bellune, chargé deconserver ce poste important, l’a confié à la garde du général Char-pentier, pour se porter au secours de Gouvion-Saint-Cyr sur la Dvvina.Le nouveau maréchal au lieu de pouvoir seconder les opérations duduc de Tarente du côté de Riga , n’a fait que se maintenir habilementdevant Wittgenstein ; et quand ce général s’est avancé avec vingt-cinqmille hommes de renforts, nous avons évacué Polotsk en donnant,malgré la présence d’une nombreuse armée, toutes les preuves d’au-dace , de courage et de discipline. Mais du moins un brillant succès,résultat des combinaisons du maréchal, exécutées avec résolution parle général bavarois de Wrède contre le général russe Steingel à la tête ducorps de Finlande , nous a mis dans une assez belle attitude. La déter-mination nécessaire du duc de Bellune doit changer la face des événe-ments, amener la défaite de Wittgenstein, et nous rendre maîtres ducours de la Lhvina : il faut attaquer l’ennemi sans retard ; tels sont lesordres précis et réitérés de Napoléon . Les choses vont plus mal sur leBug : au mépris des instructions les plus formelles, Selnvartzemberg,reculant à l'approche de l’amiral Tchitchagoff qu’il pouvait détruire, a