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Tome second.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1812. 215

abandonné la Wolhynie, et s’est laissé couper de Minsk , de la Bérésinaet de la grande armée française . Cette inexplicable conduite militairemécontente l’Empereur au dernier point ; mais le prince annonce unmouvement vers la route du Nord, qu’il a si imprudemment quittée :il va être renforcé de la division Durut, partie de Varsovie ; avec unerésolution énergique et une grande diligence, il peut sauver Minsk etnos magasins menacés par l’amiral russe, qui a déjà envoyé de la ca-valerie à Prujani et à Slonim . Toutefois, on a tardé beaucoup, et l’Em-pereur se méfie justement de la lenteur autrichienne, qui n’était déjàpeut-être que de la perfidie. Il se confie davantage dans les efforts duduc de Bellune et dans la marche de l’armée sur Smolensk ; cependantil reste toujours en proie à de profondes inquiétudes, qui ne l’empê-chent pas d’expédier des ordres pour les approvisionnements et pourla conduite des généraux à Smolensk et à Wilna. La correspondanced’Allemagne et celle de Paris trouvent aussi leur place parmi les tra-vaux de Napoléon à Wiasma.

Kutusoff, convaincu enfin de notre retraite sur Smolensk , veut nousdevancer dans cette ville avec toutes ses forces; il faut le prévenir. Le2 novembre , notre avant-garde n’est plus qu’à une journée de Wiasma ;les autres corps approchent de cette ville . Napoléon y laisse le duc d’El-chingen qui doit relever dans le service d’arrière - garde le princed’Eckmühl, dont la marche est trop lente pour une circonstance sipressante. Ney, après avoir pris toutes les précautions nécessaires à lafacilité des co mm unications entre la droite et la gauche de sa ligne, oc-cupait des positions avantageuses sur le flanc de Wiasma. Tout à couple vice-roi se voit attaqué par Miloradowitcli, entre cette ville et Fede-rowskoë. Arrêter ses colonnes, s’emparer des hauteurs qui prenaient àrevers la gauche des Russes , se porter contre eux sur la grande route,furent les premières résolutions du vice-roi. En même temps le princed’Eckmühl, à la tête du quatrième corps, faisait avancer la division Com-pans pour frayer le passage : ce premier choc renversa les Russes , et lespoussa en arrière des bois où leur gauche s’appuyait. Alors les corpsfrançais se déploient en bataille; une action terrible s’engage. Cepen-dant, malgré toute sa force de résistance, malgré les charges multi-pliées de sa cavalerie, qui essaya de tourner nos deux ailes, Milorado-witch, ne put obtenir le succès sur lequel il avait compté pour prix dela marche habile et rapide qui l’avait amené devant nous. Vivement