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HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1812.pressé y ers Wiasma par une attaque de Raescoff, combinée avec' cellede Miloradowitch, non-seulement Ney soutint ce furieux effort, maisencore il put envoyer aux deux généraux français , témoins de sa lutteopiniâtre, un régiment qui, traversant Wiasma au galop, courut se je-ter derrière les divisions russes : l’ennemi, enfoncé après cinq heures ducombat le plus sanglant, vit son aile droite rejetée au delà de lTJlitza ; sonaile gauche, coupée de cette rivière, nous abandonna le champ debataille jonché de cinq ou six mille de ses morts, et aussi d’un grandnombre des nôtres. La principale armée russe , placée entre Suleiki etKrasnoë, entendait le bruit du canon de Miloradowitch; mais Kutu-soff, craignant toujours de réduire les Français au désespoir, et frappédu souvenir encore récent de sa défaite à Malo-Jaroslavetz, n’osa pasvenir au secours des siens. Les seules troupes de Davoust et du vice-roi avaient passé sur le corps des vingt-cinq mille hommes de Milora-dowitch ; l’armée française continua sa marche sans autre obstacle quel’importunité des Cosaques toujours voltigeant autour de notre arrière-garde , et toujours repoussés par Ney qui la commandait.
Dans trois jours nous serons à Smolensk ; des désastres nous y atten-dent, des désastres nous y poussent. :: La neige tombe en abondance;un vent impétueux souffle , et couvre l’horizon d’un brouillard épais etsombre. Presque tous les chevaux meurent, la cavalerie est à pied,l’artillerie n’a plus d’attelages. Parmi les hommes, les uns, engourdiset glacés, cèdent au sommeil qui donne la mort, les autres sont dés-armés par la faim qui leur ôte la force d’agir , et par la rigueur in-tolérable du froid qui gèle leurs mains ; ceux qui peuvent encore seservir de leurs fusils ont à dissiper des nuées de Cosaques pendant lejour, et ne trouvent aucun repos , môme pendant la nuit. Déjà, depuisWiasma, mais bien plus encore depuis le départ de Bérédikino, le dés-ordre s’est mis au sein de l’armée ; des bandes d’hommes de tous lescorps suivent la route comme un troupeau sans défense , ou se répan-dent dans toutes les directions pour chercher du pain et un abri. Lesmalheureux , surpris de tous côtés par les Cosaques et par cette popu-lation d’esclaves que Napoléon n’a pas voulu soulever contre leurs maî-tres, et qu’on a déchaînée contre lui comme une troupe de tigres , pé-rissent à coups de lance, de pique et de hache, ou restent exposésnus sur la neige, pour attendre lentement la mort au gré des canni-bales qui les abandonnent ainsi avec une joie féroce. Au milieu de