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Tome second.
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218 HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1812.

nous lui succédons dans Dukhowszina : enfin le prince, sous la protectionde la divisionBroussier et de la cavalerie bavaroise, arrive avec un débrisinforme et composé des plus braves soldats du monde, à Smolensk . Toutel’armée s’y trouve réunie , excepté l’arrière-garde qui s’avance en op-posant une résistance héroïque aux Russes . Sur ces entrefaites , le gé-néral Augereau a capitulé, dans le village de Liachowa, avec quinzecents hommes , devant des forces supérieures ; une imprudence , queNapoléon avait prévue et cherché à prévenir par les recommandationsles plus sévères au général Baraguay - d’Hilliers, est cause de ce mal-heur ; d’un autre côté, le général Orloff a surpris un convoi de vivresentre Mohilow et Smolensk . Ce n’est encore là qu’une partie des sujetsd’anxiété pour Napoléon : une conspiration vient d’éclater à Paris '; for-mée dans la tête d’un seul homme, le général Mallet, elle a été promp-tement étouffée; mais elle a obtenu un moment de succès , et Napoléon sent alors quel vide son absence laisse en France . Cette affaire, qui luirévèle toute la fragilité de son ouvrage , lui fait une impression pro-fonde ; cependant il est contraint de la renfermer dans le secret de soncœur, mortellement ulcéré, afin de pouvoir conserver la force dont il abesoin pour faire face aux calamités qui entourent son armée.

Le duc de Bellune , réuni au maréchal Saint-Cyr, loin d’agir vigou-reusement et promptement contre Wittgenstein , s’est retiré sur Senno :pressé par les lettres , par les ordres de Napoléon , qui ont tout prévu ,tout expliqué , il doit se concerter avec le duc de Reggio rétabli de sesblessures , et de cette harmonie peuvent résulter de grandes choses :mais s’accompliront-elles? Ah! s’il était permis à Napoléon de se placerà la tète des forces imposantes qu’il a rassemblées derrière lui, pourassurer son triomphe dans toutes les circonstances possibles, comme ilaurait bientôt mis à couvert ses lignes de magasins et détruit Wittgen-stein , et Stenheil, Tormasoff, ïchitchagoff ! Au lieu de cela, le duc deBellune n’a pas encore atteint Wittgenstein ; et Schwartzemberg, aprèsavoir laissé l’amiral Russe tranquille devant lui pendant dix-sept jours,a donné à cet amiral le temps d’aller enfin exécuter la mission qu’ilavait reçue , de prendre position sur les bords de la Bérésina et denous fermer la route. A la vérité , les Autrichiens et Reynier suiventïchitchagoff, mais déjà il occupe Slonim. Nos magasins de Minsk sontmenacés comme ceux de Witepsk. Ce n’est pas tout : Smolensk , où nousattendions tous les secours préparés de si loin, grâce à la haute pré-