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Tome second.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1812. 223

des subsistances. Enfin, Ney et ses intrépides guerriers, réduits àquinze cents hommes, J a plupart mutilés, approchèrent d’Orcha , aprèsavoir fait vingt lieues en deux jours, au milieu des Cosaques qui lestenaient assiégés. Sur la nouvelle de l’approche de leur compagnond’armes, Eugène et Mortier s’étaient disputé la gloire de voler au se-cours de cette héroïque colonne : la joie de Napoléon , lorsqu’il appritl’apparition de Ney, éclata par des mouvements du cœur et par desparoles qui retentiront dans la postérité.

A Liadi et à Doubrowna , que Napoléon était parvenu à occuper avantl’ennemi, le ciel s’adoucit, notre position devint meilleure, les vivresarrivèrent ; nous trouvâmes des abris dans un pays habité. Orcha nous offrit des magasins assez abondants, un équipage de pont desoixante bateaux avec tous ses agrès , et trente-six canons attelés, dontnous avions tant besoin. La garnison de cette ville, ainsi que la cava-lerie polonaise, qui avait été cantonnée aux environs, se réunirent ànous. Les traîneurs s’étaient ralliés et avaient pris place dans les rangs.Cependant quelle faible armée nous reste, et que de sujets d’inquiétuderenferme l’àme de Napoléon ! Kutusoff et la grande armée russe ontcessé de le harceler; mais que d’autres dangers l’attendent! et com-ment' la seule pensée de leur grandeur et de ses moyens de vaincre tantd’obstacles n’a-t-elle pas ébranlé son courage! Wittgenstein a surprisWitepsk, Tchitchagoff est entré à Minsk ; nos hôpitaux, des subsistancessuffisantes pour cent mille hommes pendant six mois, d’immenses ap-provisionnements de munitions et d’artillerie, sont tombés en son pou-voir : fatal résultat que Napoléon avait cherché à prévenir par desordres et des mesures dont l’inexécution est à la fois un crime et undésastre ! Sclrwartzemberg, victorieux de Sacken, l’un des généraux del’amiral russe, pouvait empêcher la chute de Minsk et opérer en notrefaveur la plus importante des diversions; il aima mieux désobéir à Na-poléon , et se diriger sur Kobrin. Cette conduite serait inexpliquable,si elle ne cachait pas une nouvelle iniquité de la politique autrichienne.« Minsk est pris; il faut le reprendre! » s’était écrié Napoléon ; et le19 novembre, il avait expédié de Doubrowna, l’ordre au duc de Bellunede contenir Wittgenstein, au duc de Reggio de se porter en toute dili-gence , avec son deuxième corps, les cuirassiers du général L’héritieret cent pièces de canon, sur Borisow et de là sur Minsk , Napoléonannonçait à ses deux lieutenants qu’il allait lui-même suivre cette di-