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artilleurs de la marine qui peuvent entrer dans les cadres de l’annéede terre, les troupes tirées d’Italie , vont former une armée de troiscent mille hommes sur l’Elbe, sur le Rhin et le Mein : une autre armée,de la même force, contiendra l’Espagne , tandis qu’Eugène, avec cin-quante mille Français et Italiens, conservera l’Italie . Ces dispositionsseules prouvent énergiquement que l’Espagne a porté un coup mortelà l’empire de Napoléon . En effet, si ses légions du Midi se réunissaieutà celles du Nord, Napoléon, à la tète de six cent mille Français , feraitplus que de dicter la paix aux puissances coalisées contre lui ; toutesses alliances lui resteraient, prêtes encore à le servir, et l’Autriche ,fière d’avoir défendu les barrières de la civilisation, aurait eu, pour lapremière fois, le droit légitime de réclamer une part dans les fruits etles honneurs de la victoire.
Mais eu apprenant la défection de la Prusse et ses résultats, Napo-léon vit que ce qui suffisait hier ne suffisait plus aujourd’hui, et demandasans hésiter au sénat, ou plutôt à la nation, cent mille hommes surles cohortes, cent mille hommes sur les conscriptions des quatre der-nières années, et cent cinquante mille hommes sur la conscription de1814. Tout fut décrété par le sénat. Les citoyens , les corps judi-ciaires , les compagnies, les villes, les campagnes, rivalisèrent de zèledans une si grande circonstance ; l’amour de la patrie , le sentiment del’honneur national, le juste orgueil de vingt années de gloire, l’atta-chement pour Napoléon, caractérisèrent la conduite des Français . Ilsfirent avec leur élan ordinaire de généreux sacrifices ; mais il y man-qua le ferment de la liberté, qui les inspire, qui les renouvelle, pourconserver les empires : il manqua aussi le concours physique et mo-ral de la masse de la nation , qui naguère , soulevée tout entière parses représentants, n’avait pas moins contribué que ses douze cent millesoldats au triomphe de la république. En effet, c’est la nation sous lesarmes que les rois avaient surtout désespéré de vaincre : c’est devantelle qu’ils s’étaient abaissés ; c’est à elle qu’ils avaient demandé la paixet son alliance. Le génie d’un homme quel qu’il fût, pèserait toujoursmoins que la France dans la balance des destinées. Peut-être Napoléon ne crut-il pas nécessaire de se servir de la force populaire; peut-êtremême craignit-il l’emploi d’un si redoutable instrument Cette faute,provenue d’une erreur de jugement, était décisive contre lui; car , enface de la plus fortement enchaînée des coalitions que l’Angleterre