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Tome second.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1813. 2TI

ait jamais formée sur le continent, il ne pouvait se sauver qu’avec lanation et par la nation. Peut-être encore l’esprit qui paraissait animerles peuples soumis à son pouvoir aida-t-il à le tromper : enfants adop-tifs du grand empire, uniquement gardés alors par nos lois civiles etpar leurs serments , ils sollicitaient l’honneur de s’associer à nos périls.Des gages spontanés du patriotisme de ces états étrangers jettent unevive lumière sur le besoin que les vastes incorporations de la France avaient de la conservation de Napoléon . Et comment ce besoiu n’au-rait-il pas été profondément senti ? comment n’aurait-il pas inspiré desdévouements sans bornes? Ces peuples pouvaient-ils ignorer qu’avecNapoléon tombaient tous les bienfaits répandus sur eux par leur unionà la France ? Ne comprenaient-ils pas que bientôt, remis sous un jougde fer, ils perdraient tous les avantages de la loi française qui leurdonnait l’égalité ? Aussi ce fut leur raison, leur intérêt et leurs senti-ments , qui les entraînèrent au-devant des demandes de l’Empereur :ils se rallièrent autour de lui comme autour de leur libérateur et de leurappui. Ce temps offre un singuber spectacle : pendant que des princes,qui étaient accourus solliciter dans la tente de Napoléon la gloire deconcourir avec lui à la dernière conquête du continent européen , tra-hissaient nos drapeaux, il se voyait recherché, malgré ses revers , parla fidélité des nations qui devaient craindre de s’unir à la contagion desa mauvaise fortune, et d’aggraver ainsi le poids des malheurs dontelles étaient menacées si son empire venait à s’écrouler.

Occupé des plus vastes préparatifs de guerre, Napoléon ne négli-geait pas la puissante ressource des négociations ; mais nous n’étionsplus au temps où, presque aussi redoutées avant le combat qu’aprèsla victoire , nos armes retenaient nos alliés dans le devoir, ou rame-naient nos ennemis promptement punis de leur imprudente déloyauté.A la nouvelle de notre désastre, l’Autriche a failli éclater contre Napo-léon ; son retour aux Tuileries l’engage à temporiser : elle envoie àParis le comte de Bubna avec une mission toute pacifique en appa-rence , et très-hostile en réalité, sur laquelle l’opinion publique nes'abuse pas un moment. Napoléon ne se laisse pas tromper non pluspar les protestations de l’envoyé de son beau-père ; mais il espèrequ’une grande démonstration de confiance et surtout une grande vic-toire au centre de l’Allemagne retiendront dans l’alliance la maisond’Autriche . Cette puissance devient la médiatrice de la paix; déjà dé-

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