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Tome second.
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242 HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1813!

clarée au fond du cœur contre nous, elle ne tardera pas à profiter desévénements pour dépouiller son rôle d’amie et d’alliée. Napoléon dutJe prévoir en apprenant la défection des Prussiens ; et, de plus, laconduite du prince Schwartzemberg, à l’époque où le contingent au-trichien , fort de trente mille hommes, sans y comprendre la divisionReynier, laissa l’armée russe du Danube entrer dans Minsk , avait pudès lors le préparer au changement de politique de la cour de Vienne .

Entre les négociations qui appelaient toute l’attention de Napoléon ,à l’instant où , près de recommencer la lutte avec ses ennemis , il de-vait chercher à éteindre tout germe de division intérieure en France ,en Italie et dans tous les pays annexés à l’empire, il faut mettre aupremier rang le concordat de 1813. Le fond de tous les démêlés entreNapoléon et le souverain pontife n’était pas l’expédition des bulles entrois ou six mois pour les évêques nouvellement nommés ; c’était la sépa-ration à jamais du temporel et du spirituel dans la royauté pontificale.L’élévation extraordinaire de l’autorité religieuse du pape, sa prédomi-nation sur les diverses communions de l’Europe , formaient la compen-sation de ce sacrifice ; et le moyen de rendre cette dernière combinaisondirectement utile au plan que Napoléon avait conçu de recréer la vieilleEurope était l’établissement du saint-siège dans le palais métropoli-tain de la ville de Paris , qui fût aussi devenue la capitale du mondechrétien.

Le projet de l’enlèvement de Pie VII à Savone, par les Anglais ,avait déterminé sa translation à Fontainebleau ; S. S. y tenait, avec tousles honneurs de la majesté souveraine, sa cour, composée d’une foulede prélats italiens et français . Cette ville aussi avait vu renouer lesnégociations : elles reprirent dans le courant de janvier une force nou-velle , et semblaient toucher à une conclusion prochaine. Le 19 de cemois , Napoléon quitta brusquement une partie de chasse à Grosbois ,pour se diriger sur Fontainebleau ; son arrivée émut singubèrementle souverain pontife. Aux premières paroles, tout le passé est mis enoubli, comme entre des personnes qui ont une affection mutuelle. Lelendemain, le pape rend à Napoléon sa visite ; un seul entretien,rempli d’égards réciproques et de témoignages de bienveillance, ou-vre et fixe la négociation. Ne pouvant obtenir Rome , et ne voulantpas accepter la résidence de Paris, Pie VII opte pour celle d’Avignon ;il donnera ses bulles aux nouveaux évêques, ou, à son défaut, ce