HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1813. 243
sera leur métropolitain , six mois après que leur nomination aura éténotifiée au saint-siège. Napoléon dicta lui-même le concordat, impro-visé dans cette première conférence, et bientôt il passa à l’examen desconseils des deux hautes parties contractantes , pour y recevoir laforme d’une loi et d’un traité. Le 25 janvier, le pape lui-même , aprèsquatre jours employés à la rédaction du concordat, l’apporta avec unesorte de solennité dans le salon de l’Impératrice , où les deux coursétaient réunies , et le traité fut signé par les deux souverains. Le 27 ,l’Empereur revint à Paris . Le 15 février, eut lieu la publication duconcordat comme loi de l’état. Avant son départ de Fontainebleau ,Napoléon combla de grâces et de distinctions de toute nature les mem-bres de la cour pontificale : il alla même au-devant des désirs du pape,en rappelant d’exil les quatorze cardinaux qui avaient refusé d’assisterau mariage de Marie-Louise. Mais initiés, pendant leur dispersion,dans les secrets de la conspiration européenne, et fidèles à toutes lesdoctrines usurpatrices de la cour de Rome , le premier usage qu’ilsfirent de leur liberté fut de la tourner contre Napoléon, en assiégeantde terreurs et de remords fàme timorée du saint-père. Le 23 mars , aumépris des serments les plus solennels, ils obtinrent du vénérable vieil-lard , ou plutôt ils lui arrachèrent un véritable parjure. Ainsi, les in-térêts temporels l’emportèrent sur l’intérêt de la religion , appelée parNapoléon à la conquête de l’Europe entière : et lé plus vertueux despontifes , qui, livré à ses seules inspirations, aurait donné tout soitsang pour étendre l’empire de l’Évangile sur toute la terre , préféra lapossession de Rome à l’espérance de l'universalité de la foi catholi-que. A la lecture du bref par lequel le pape lui exposait les motifs et levœu de sa rétractation, Napoléon , qui avait oublié avec tant de géné-rosité toutes les perfidies, toutes les trames du saint-siège pendant leSguerres de la république en Italie et à l’époque de la campagne de Wa-gram , éprouva la plus juste comme la plus vive indignation. Aussi,le jour même de la réception de ce bref, le 25 mars, il y répondit parun décret qui substituait le métropolitain au souverain pontife , et pres-crivait l’obéissance du concordat dans toute l’Europe.
Cette négociation, échouée presque aussitôt que terminée, n’étaitpas d’un heureux augure pour la bonne foi des autres puissances del’Europe . Effectivement une conjuration nouvelle les liait déjà toutescontre Napoléon , et non-seulement elles se préparaient à violer vis-à-
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