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HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1813.le prince royal de Prusse ! Rien n’était négligé pour endormir la pru-dence de Napoléon . M. de Hardenberg avait fait de cette insinuationl’objet d’une note particulière au comte de Saint-Marsan. Notre ambas-sadeur , ainsi que le maréchal Augereau, qui commandait à Berlin ledeuxième corps , frappés également de la plus affreuse crédulité, écri-vaient dans le même moment au prince de Neuchâtel , que le roi et sonministre n’étaient pour rien dans la capitulation de ses généraux?; qu’il fau-drait montrer au roi plus de confiance.... C’est ainsi que Napoléon étaitservi par son ambassadeur et par le maréchal! Mais tout à coup unévénement bien imprévu annonça le changement de système du gou-vernement prussien. Le 22 janvier, on apprit à Berlin que Frédéricvenait de partir pour Breslau . On prétendait que ce monarque avaitcraint d’être enlevé dans sa capitale, tandis qu’à Breslau , ville ouverte,il aurait plus d’indépendance pour maintenir au moins sa neutralité.Ce départ si brusque , au milieu d’un corps de l’armée française, putêtre interprété aussi comme une défection devant l’ennemi. En réponseà l’insertion de la Gazette de Berlin , le 27, le général York avait pu-blié à Kœnigsberg une déclaration où il disait que l’ordre de son arres-tation lui avait été connu d’après un article inséré dans quelques exem-plaires de la Gazette; mais que ni le général Kleist ni lui n’ayant étéautrement informés de cette mesure, il conservait l’exercice du com-mandement et des autres fonctions déterminées par l’ordre du cabinet du20 décembre 1812. Ces paroles expliquent assez clairement que c’étaiten vertu des instructions de son gouvernement, transmises par M. deHardenberg, que le général York avait signé, le 30 décembre, laconvention de Tauroggen, dont la négociation avec le général Witt-genstein remontait au 15 du même mois. Le général York avait bieneu le temps de rendre compte de cette circonstance, de demander desordres et d’en recevoir. Le départ du roi pour Breslau fut égalementl’ouvrage de son cabinet, que devait gêner à Berlin , non l’observa-tion du maréchal Augereau , mais la présence du corps d’armée fran-çais qu’il y commandait.
Le comte de Saint-Marsan, aussi peu clairvoyant que le maréchal,avait suivi Frédéric à Breslau , et l’alliance y subsista encore en appa-rence. Ce fut au nom de cette alliance et de la neutralité de la Silésie que parurent dans cette ville, les 3, 9 et 10 février, les édits royauxgui appelaient aux armes toute la population virile de la Prusse. On ne