Band 
Tome second.
Seite
246
JPEG-Download
 

1813 .

tilti HISTOIRE RE NAPOLEON. —

pouvait recruter d'une manière plus palpable pour les ennemis de laFrance . Le 12, une proclamation du général York fut publiée à Kœ-nigsberg : « Les représentants de la nation assemblés, disait-il, ont dé-crété, outre l’armement général, l’organisation d’un corps de cavaleriepour renforcer l’armée. Citoyens de la Prusse, réunissons nos effortspour montrer à l’Europe ce que peut produire l’amour pour le roi etpour l’indépendance de la patrie. « Le 15 février, le baron de Harden-berg disait à M. de Saint-Marsan « que tout ce qui se passait était uneffet de la nécessité de sauver un coin de terre pour servir d’asile auroi, et que le système n’avait point varié! » Le ministre, le même jour,après avoir juré que son maître était resté invariable dans sa politique,et qu’aucunes ouvertures directes ni indirectes n’avaient eu lieu vis-à-vis de la Russie , communiquait, comme une idée du roi, à l’ambassa-deur français, le projet d’une intervention de la Prusse entre les puis-sances belligérantes pour obtenir une trêve, d’après laquelle l’arméerusse se retirerait derrière la Vistule, et l’armée française derrièrel’Elbe, en remettant les grandes forteresses de l’Oder et la place deDantzick aux troupes prussiennes. Une telle proposition voilait assezmaladroitement un plan déjà convenu, une démarche concertée avecles alliés. M. de Saint-Marsan continuait à Breslau son système deconfiance; il ignorait les communications journalières de cette couravec le quartier impérial russe. Le 17 février, il se chargeait encored’adresser à Paris de nouvelles protestations de Frédéric sur sa persé-vérance dans ses engagements envers la France , et sur sa résolutionde fournir à l’empereur Napoléon le contingent promis de trente millehommes; et le 1 er mars, ce prince signait avec la Russie le traité d’al-liance dont la négociation avait nécessité seule son départ de Berlin .Bientôt une ordonnance, émanée de Frédéric lui-même, proclame l’in-nocence du général York, le confirme dans son commandement, enmettant sous ses ordres, comme une preuve de satisfaction et de laconfiance illimitée du roi, les troupes du général Bulow, dont la trahi-son vient de livrer le bas Oder aux Busses. Enfin, le 15 mars, l’empe-reur Alexandre arrive à Breslau et dit au roi de Prusse : « Je jure dene déposer les armes que quand l’Allemagne sera délivrée du joug desFrançais . »

Dès lors sont déchirés aux yeux de l’Europe tous les voiles de ladéfection prussienne. Le 17 mars, à Paris , le baron de Krusemarch