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Tome second.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1843.transmet au duc de Bassano la déclaratiou de guerre de la Prusse etdemande ses passe-ports. À cette nouvelle, Napoléon se repentit amè-rement de sa générosité à Tilsitt envers une maison toujours dominéepar l’intérêt du moment et si mobile dans sa politique. Mais l’infidélitéde la Prusse n’était que le prélude d’une convention qui fut signée,le 19 mars, àBreslau, par le comte de Nesselrode , le baron de Harden-berg et le général Scharnhorst : elle stipulait que tous les princesallemands seraient appelés à concourir sans délai à l’affranchissementde leur patrie, faute de quoi ils seraient privés de leurs étais. L’indépen-dance des rois ne pouvait être attaquée d’une manière plus despotique,ni les liens sacrés des traités brisés avec plus de violence. Le vénérableroi de Saxe s’indigna de cette tyrannie, qui était une atteinte aux droitsdes couronnes, en même temps qu’un fatal exemple de rébellion donnéaux peuples par des rois eux-mêmes : aussi, dès le 23 février, ce mal-heureux prince, ne voulant pas trahir sa foi engagée à Napoléon , maismenacé de la perte de son trône par les proclamations d’un généralrusse, et craignant d’ailleurs de tomber, dans son propre palais, auxmains du partisan Brindel, était allé chercher un asile à Plauen , de làà Ratisbonne ; et enfin, attiré à Prague par sa confiance dans la média-tion autrichienne en faveur de la France , il y resta jusqu’à ce que lavictoire de Lutzen lui eût rouvert les portes de sa capitale. D’autresarticles du traité de Breslau portaient qu’un conseil central d’adminis-tration russe et prussienne gouvernerait les provinces conquises auprofit des alliés; une armée de ligne, ainsi qu’une levée en masse, de-vaient en outre être organisées dans tous les états de la confédérationdu Rhin. C’est alors que le maréchal Kutusoff s’empressa de déclarer,à Kalish, la dissolution de la confédération du Rhin , et appela tous lesAllemands à une véritable insurrection : «.... Que chacun, disait-il,prince, noble ou d’un bas étage, seconde de son bien et de son sang,de son corps et de sa vie, de cœur et d’esprit, les projets d’Alexandreet de Frédéric. >> Il menaçait ensuite de la puissance des amies prises sijustement, les princes parjures à la cause de l’Allemagne . Cette procla-mation du général Kutusoff, comme toutes celles qui furent alors répan-dues en Allemagne par Blücher , Wittgenstein, le Cosaque Platoff, etc.,rappelle les manifestes et souvent le témoignage de la convention contreles rois; on y empruntait jusqu’aux mots sacramentels : la liberté, l’éga-lité ou la mort.