Band 
Tome second.
Seite
258
JPEG-Download
 

258 HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1813.

la position où les troupes du prince de la Moskowa ont passé la nuit.Le maréchal part ; bientôt des aides de camp accourent pour apprendre àNapoléon que toute l’armée alliée nous attaque. Aussitôt le grandcapitaine, changeant ses dispositions, accepte le champ de bataille del'ennemi; il charge le vice-roi de diriger sur le feu le duc de Tarente.Il faut trois heures pour ce mouvement; le sort de la bataille en dépend. Ilprescrit au duc de Raguse de tenir la droite , et de marcher à traverschamps a l’ennemi; le général Bertrand, plus en arrière, doit le secon-der. Bientôt toutes les troupes en colonnes sur la route de Leipsick,entre Markandstedt et Lutzen , s’arrêtent, se forment en ligne, et, parune rapide conversion à droite, s’élancent dans la plaine au secoursdu maréchal Ney. La vieille garde avait déjà rétrogradé de sa marchesur Leipsick, et le duc de Trévise , à la tète de la jeune, s’avançait poursoutenir le maréchal. Celui-ci reçoit l’ordre rigoureux de résister seulà l’armée ennemie pendant les trois heures nécessaires à l’accomplisse-ment du mouvement général. Drouot est déjà sur le champ de bataille;il précède Napoléon qui se porte vivement au feu, à la tète de lacavalerie de sa garde. Toute l’artillerie de la garde et de la ligne setient prête à marcher. C’est une bataille d’Êgijp^, dit Napoléon , nousn’avons pas de cavalerie; mais une infanterie française avec de l’artilleriedoit se suffire.

Les Busses avaient déclaré à Dresde que leur guerre était finie ; ce quivoulait dire que c’était aux Prussiens à prendre le fardeau de leurnouvelle alliance. Averti par ces paroles de ce qu’on attendait de lui,Blücher , en première ligne, avait commencé l’attaque sur les villagesqu’occupait le prince de la Moskowa, et qui allaient devenir le centrede l’action. Une résistance inattendue l’avait forcé de déployer toutesses forces, et d’appeler le corps du général York : enfin Wittgensteinse trouvant à son tour surpris par une grande bataille, et par unegrande armée, duLfaire marcher sa réserve. Ainsi les conscrits dumaréchal Ney ont mérité que cent mille hommes s’ébranlent contreeux. Vainement l’ennemi cherche, suivant son premier projet, à débor-der à la fois la gauche de l’armée française et la droite où le duc deRaguse venait d’entrer en ligne, et à gagner la route de Weinssenfels ;il est arrêté dans le village de Starsiedel par la division de marine dugénéral Compans. Ces intrépides marins voient échouer contre leurscarrés sept charges successives de vingt-cinq mille hommes de cavale-