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Tome second.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1813. 259

rie. Cependant le grand effort de l’ennemi a lieu sur le centre : quatredes cinq divisions du maréchal Ney soutiennent à elles seules tout lechoc des Prussiens; ils ont enlevé le village de Kaya après un combatdes plus acharnés. Nos conscrits en désordre, mais non pas en fuite,cherchaient à se rallier dans la plaine ; l’Empereur arrive, sa présenceles ranime et il ordonne au comte de Lobau de conduire la divisionRichard du troisième corps à l’attaque de Kaya, sous la protection dela garde que l’Empereur a ordonné de disposer en échelons entre cevillage et Lutzen. La position est reprise sous les yeux de Napoléon qui, faisant relever les troupes fatiguées, pressant l’arrivée des renforts,reformant lui-même nos rangs ébranlés, conservant toujours des lignesau besoin intactes, prévoit, répare, commande et conduit tout au seinde la plus affreuse mêlée.

Cette lutte sanglante durait depuis plus de deux heures, lorsqu’oncommença enfin à apercevoir la poussière et les leux du général Ber-trand qui entrait en ligne à Ja droite du duc de Raguse. Dans le mêmemoment, sur la gauche, le prince vice-roi opérait la plus importantediversion, et le duc de Tarente, attaquant les réserves de Wittgenstein,menaçait sa droite. Ce double mouvement inattendu, qui mettait sou-dainement en sa présence des troupes que l’ennemi croyait avoir cou-pées du champ de bataille, ne lui laissa plus entrevoir de salut quedans une charge désespérée sur le centre de l’armée française, et pourla seconde fois il emporta le village de Kaya. Notre centre fléchit, ditle bulletin; mais cette valeureuse jeunesse, se ralliant tout à coup à lavoix de Napoléon , s’ébranle de nouveau en criant : Vive l’Empereur!Napoléon voyait tomber à ses côtés une foule d’officiers et de soldats.Jamais il ne s’exposa plus volontairement et davantage ; il sentait lanécessité de gagner cette première bataille, soit pour étonner encorel’Europe, soit pour rassurer la France . Au milieu de l’épouvan-table tempête qui éclatait autour de lui, il jugea que le moment quidécide de la victoire ou de la défaite était arrivé. A l’instant, le comtede Lobau reçut l’ordre de se porter, avec seize bataillons de la jeunegarde, sur Kaya, de donner tôle baissée, et de faire main basse sur tout cequi s'y trouverait : en même temps quatre-vingts pièces de l’artillerie dela garde partirent au galop, et, couvrant le plateau qui dominait levillage, protégèrent, par un feu terrible, l’intervalle du front qu’allaientoccuper les corps de Raguse et de Bertrand. Mais les seize bataillons

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