HISTOIRE DE NAPOLÉON. - 4813. 265
l’Hlyrie et sur la Pologne, et même sur la Bavière . Napoléon vainqueurne saurait accepter des conditions que plusieurs défaites de son arméeauraient à peine motivées, et, en même temps pressé par les événe-ments , qui ne lui permettent pas de suivre les ouvertures diplomatiquesde l’ambassadeur, il adhère à la proposition du congrès, où serontappelés les plénipotentiaires de toutes les puissances, môme ceux desinsurgés espagnols! « Mais, ajoute-t-il à son beau-père, comme tous lesFrançais généreux, je préférerais mourir les armes à la main, à me sou-mettre, si l’on voulait me dicter des conditions. » Après avoir congédiéM. de Bubna, qu’il a chargé de sa réponse, Napoléon part pour sonavant-garde. Toutefois, dans la route, ne voulant pas laisser planer sursa tète le reproche d’avoir fait couler de nouveau le sang humain avantd’avoir employé tous les moyens de conjurer ce malheur, et, de plus,désirant ardemment échapper à l’odieuse médiation de l’Autriche ,l’Empereur prescrit au prince major général d’envoyer demander auxavant-postes si on consentait à recevoir le duc de Yicence, pour traiterd’un armistice. Depuis Campo-Formio, sa constante habitude avait étéd’offrir la paix après la victoire ; on ne saurait refuser l’éloge dû à cettesage politique ou à cette modération si rare dans la vie des princes fa-vorisés par le sort des armes. Ici de graves considérations imposaientà Napoléon , comme une nécessité, une démarche que les exemples desa conduite passée couvraient d’un voile honorable. Ne pouvant douterque l’empereur Alexandre ne s’empressât de saisir l’occasion de sevenger avec éclat de la diversion des Autrichiens pendant la campagnede Russie , il avait senti que le moment présent était le seul qui per-mettait de s’adresser directement à ce prince : en effet, après la bataille,et quel qu’en fût le résultat, il serait impossible d’arriver à lui autre-ment que par l’intermédiaire de l’Autriche . Ce fut dans ce sentimentque, du champ de bataille de Lutzen , il avait écrit si énergiquement àM. de Narbonne à Vienne : Une mission au quartier général russe coupe -mit le monde en deux. L’admission de son plénipotentiaire au camp russeétait donc pour Napoléon l’unique moyen d’échapper à la médiationarmée de l’Autriche, et à une rupture avec cette puissance. Mais Na-poléon voulait obtenir deux choses bien difficiles : dénouer la ligue duNord et garder ses alliés. Il prévoyait le fatal isolement où le précipi-terait tout à coup le système de défection dont le cabinet de Tiennetenait tous les éléments, aussitôt que l’Autriche se trouverait assez