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HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1813.hommes du maréchal priuce d’Eckmühl, et toutes les garnisons desdifférentes places de l’Allemagne ? Après avoir déployé toutes les res-sources de son génie dans la création d’une nouvelle armée, il avaitassez fait pour sa gloire militaire personnelle en allant battre les alliés,avec des recrues, à deux cents lieues de sa capitale. Cet armistice, qui,signalé dans le cours de sa carrière victorieuse, donnait à la coalitionle temps de nouer toutes ses trames et d’agglomérer ses forces, deve-nait alors un immense bienfait de la fortune; car Napoléon avait eutort de croire à la possibilité de la paix, comme à la puissance des sou-venirs de Tilsitt et d’Erfurt, comme à la partialité de François II pourson gendre. Il était condamné par l’Europe , et il ne pouvait plus résis-ter à l’Europe qu’en se mettant sur le terrain de la patrie, à la tète etau milieu de la nation. Une pareille retraite protégeait mieux la négo-ciation de Prague que les bivacs de la Saxe et de la Lusacc ; elle proté-geait au moins la patrie. L’Europe , déjà vaincue trois fois dans lesplaines de la Saxe , se lût arrêtée avec respect devant les remparts de laFrance , et aurait accepté le généreux ultimatum qui la rendait à sonindépendance : toutes les haines, toutes les vengeances, toutes les am-bitions étrangères expiraient à l’aspect du colosse de la France arméesur ses frontières, et offrant en sacrilice au repos du monde les fruitsde vingt années de gloire et de conquêtes.