HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 4813. 287
intention de Napoléon était de décliner la fatale médiation de son en-nemi caché, et, malgré le peu de succès qu’avait eu la démarche deDresde après Lutzen , de chercher de nouveau à conclure sans inter-médiaire , avec Alexandre, une paix glorieuse pour ce prince, et con-séquemment de faire payer à l’Autriche , par la perte de son influenceen Europe , sa mauvaise foi dans la campagne de 1812 et dans le mo-ment présent, où elle jouait un rôle encore plus odieux. Mais ses plé-nipotentiaires n’étant pas parvenus à échanger une parole avec èeluide Russie ni avec celui de Prusse , pressé d’ailleurs par le terme siprochain de l’armistice, Napoléon l'ut obligé de tenter du côté du mé-diateur l’œuvre de la paix. Aussi pendant ces orageuses discussions,uue négociation secrète, sortie de l’arsenal politique de Napoléon , tra-versait le champ de bataille du congrès, et arrivait au château impérialde Brandeitz, dans le portefeuille de M. de Metternich . C’est à sonbeau-père que s’adresse directement Napoléon : une lettre confiden-tielle , du 9 août, charge seul le duc de 'Vicence de cette démarche ; ellea pour objet de savoir de quelle manière l’Autriche entend que la paixpeut se faire, et si l’empereur Napoléon adhérant à ses propositions, l’Au-triche ferait cause commune avec la France , ou si elle resterait neutre. Le 7,l’Autriche avait donné son mot ; elle demandait la dissolution du grand-duché de Varsovie, qui serait partagé entre la Russie, l’Autriche et la Prusse ;le rétablissement des villes ansêaliques dans leur indépendance; la reconstruc-tion de la Prusse avec une frontière sur l’Elbe; la cession à l’Autriche detoutes les provinces illyriennes, y compris Trieste . Il était question ausside l’indépendance de la Hollande et de l’Espagne , mais comme devantêtre traitée à la paix générale. Prague est à vingt-cinq lieues de Dresde ;cette note parvient à Napoléon le 8 au soir : il ne pense pas que le 10soit un terme tellement fatal pour la pacification du monde, qu’il nepuisse consacrer la journée du 9 à l’examen des propositions de l’Au-triche. Il répond qu’il admet la dissolution du duché de Varsovie , maisque Dantzick sera ville libre, et que son allié le roi de Saxe sera indemnisé. Ilcède à l’Autriche les provinces illyriennes, même le port de Fiume, mais noncelui de Trieste. La confédération s’étendra jusqu’à l’Oder ; le territoire danoissera garanti. Les courriers de Napoléon et de M. de Bubna doivent êtreà Brandeitz dans la nuit du 10 au 11. Tout à coup on apprend, à Dresde ,que le congrès est dissous! Le 11, dans la matinée, M. de Metternich l’a déclaré aux plénipotentiaires français . L’existence politique actuelle