‘288 HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1813.
de l’Europe n’aura dépendu peut-être que du courrier de Napoléon ,qui ne sera entré à Prague qu’après minuit, dans la nuit du 10 au11 août 1813!
Le 15, M. de Narbonne arriva à Dresde , porteur de la déclarationde guerre de l’Autriche . Elle était faite d’avance, connue d’avance aussiles logements avaient été préparés à Prague pour les trois souverainsalliés. Cependant, au milieu du triomphe de la trahison étrangère, leduc de Yicence continuait sa mission auprès de M. de Metternich . Aprésent qu’il n’est plus médiateur, pourra-t-il marcher plus librement?L’armistice n’est pas rompu; il y a encore six jours de délai à courirjusqu’à la reprise des hostilités. Le 11, M. de Metternich insiste pourl’abandon de l’illyrie, sans excepter Trieste , et contre toute dispositioncontraire aux vues des puissances, qui s’accordent pour recréer laPrusse. L’empereur d’Autriche se charge de communiquer les proposi-tions de la France à l’empereur Alexandre , lequel est attendu à Bran-deitz. Le 13, l’empereur Napoléon cède tout ce qui est en contestation.Il accède aux demandes du cabinet de Vienne : il charge M. de Bubna,qui est toujours près de lui à Dresde , d’en aller porter l’assurance à sonmaître, et il donne à M. de Yicence tout pouvoir pour conclure etsigner la paix à ce prix. Le 14, M. de Metternich rend compte à sonsouverain du consentement de l’empereur Napoléon aux conditions exi-gées. Le 15, il diffère de s’expliquer avec M. de Yicence, parce quel’empereur Alexandre n’est point encore à Brandeitz. Enfin, le 16,arrive ce souverain, qui, dès la première entrevue, rejette les proposi-tions de Napoléon , et décide l'empereur François à courir les chances quelui promet la guerre. Napoléon reçoit cette réponse et déclare, en mon-tant à cheval, qu’il va se battre pour la paix. « Rien n’empêche, dit-il,de négocier en se battant. Dites à M. de Metternich , que je pro-pose d’ouvrir dès aujourd’hui un congrès dans une ville frontièrequ’on neutralisera. » Ou est au 18; le duc de Bassano s’empressed’adresser une note à M. de Metternich , en conformité de ce dernierordre de Napoléon . Le 21, le ministre en accuse réception, et déclareque la proposition de la France va être portée par les cours de Russie , dePrusse et d’Autriche , à la connaissance des autres cours alliées. On verra quecette réponse est devenue une espèce de mot d’ordre diplomatique. Lesang de quatre cent mille hommes va couler en attendant le résultat decette officieuse communication! Ainsi l’armistice, d’abord refusé par la