HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1813. 289
Russie et demandé depuis par M. de Stadion, n’a été conclu que pourdonner le temps à l’Autriche de compléter ses armements, et le congrèsn’a été admis que pour aider cette puissance à dénouer des engage-ments qu’elle n’avait pas le courage de rompre ouvertement.
Telle fut l’issue de ce complot diplomatique, où la liaine la plus dé-clarée et l’intention la plus évidente d’une guerre implacable se cachaientsous un vain déguisement d’amour de la paix. Quatre jours avant lafin de ce congrès, on n’avait pas même établi la forme des négociations.Tout ce qui n’était pas Français ne parlait qu’avec une féroce impa-tience du terme de ce congrès. Ce terme était si fatal, qu’il ne pouvaitêtre retardé d’une heure ! La civilisation du dix-neuvième siècle le vou-lait ainsi pour le bonheur du monde. Depuis ce temps, le monde poli-tique est blessé à mort. Les rois anciens et les rois nouveaux sonttous rentrés dans leur indépendance ; mais les peuples, qui ne sont nianciens ni nouveaux ; les peuples, qui sont éternels, sont aussi rentrésdans l’empire de leur raison.