CHAPITRE III.
1813.
Préliminaires de la campagne. — Napoléon en Bohème. — II revient sur Blücher . —Bataille de Dresde. — Batailles de Kulm, de Gross-Beeren , deDennewitz, de laKatzbach. — Traité de la triple alliance à Tœplitz.
Napoléon avait trois pensées dominantes pour la seconde campagne :l’occupation de Berlin par les armées concertées des maréchaux Da-voust et Oudinot ; celle de Breslau par l’armée de Lusace , aux ordresdu maréchal Ney ; et enfin celle de Prague par la grande armée, qu’ilcommandait. Le 10 août, l’armistice avait été dénoncé; le même jour,l’Autriche , disait son manifeste, réunie de principes aux puissances avantmême que les traités eussent consacré leur union, voyait déjà son armée enligne avec ses nouveaux alliés. Bardai de Tolly avait, pendant les der-niers jours du congrès, fait faire plusieurs marches en Bohème auxquatre-vingt müle hommes qu’il amenait de Pologne . Moreau, le gé-néral républicain Moreau, armé jadis contre la tijrannie consulaire, ve-nait de rompre le ban de son exil; et, parjure à la fois à la loi quil’avait banni, à la patrie à qui il avait dû tant de gloire, mais docile àl’appel de Bernadette, était arrivé à temps au quartier général de l’em-pereur Alexandre, pour s’associer à la haine des rois contre la France et contre Napoléon . Cependant les hostilités ne devaient commencerque le 17, six jours après la dénonciation de l’armistice; mais le 12,le maréchal Blücher, connu depuis sa retraite d’Iéna sur Lubeck pourêtre peu scrupuleux en fait de bonne foi, fit marcher ses troupes surle terrain de la neutralité. Il était entré dans Breslau , et ensuite à Jauer.Le maréchal Ney, placé à Liegnitz , attendant religieusement le dernier