1813.
lenteur autrichienne, il pense qu’il a le temps, avant de prévenir l’en-nemi à Dresde, de courir en Silésie , et de repousser les cent millehommes de Blücher au delà des positions que le maréchal Ney a étécontraint de leur abandonner. Arrivé, le 21, à Lowemberg avec vingt-cinq mille hommes, il fait jeter des ponts sur le Bober : Maison, à latète du 5 e corps, attaque vivement York en avant de Lowemberg, enmême temps Ney et Marmont chassent Sacken de Buntzlau, tandis queMacdonald et Lauriston menacent le centre de Blücher . A la manièredont s’exécutent ces mouvements, Blücher a deviné que Napoléon estlà, et il ne cherche plus à disputer le terrain : cependant une retraitetrop précipitée pourrait compromettre sa gauche ; en conséquence il scconcentre derrière la petite rivière de Haynau. Mais l’armée françaisecontinue son attaque avec vigueur, et il doit se réfugier derrière laKatzbach. A la fin de cette journée a lieu la première défection dansnos rangs ; un régiment de hussards westphaliens passe en entier àl’ennemi, malgré nos succès. Enfin, le 23 août, se termine la pour-suite de Blücher par Napoléon . Défait de nouveau à Goldberg, le gé-néral prussien se retire en toute hâte sur Jaueroù, le 24, il réunitson armée. Pendant les trois jours qui ont vu Napoléon à la tète deson armée de Lusace, le terrain de la neutralité usurpé par Blücher aété reconquis presque en entier, et cette armée a repris les positionsqu’elle avait le 12.
Napoléon avait bien calculé ; il a eu le temps de battre et de re-pousser Blücher : il aura celui d’arriver à Dresde avant Schwartzem-berg. Peut-être laisse-t-il avec regret à ses lieutenants cette valeureusearmée de Lusace , où il a pendant trois jours fixé la victoire. Mais avantde quitter Lowemberg, le 23, il donne pour instruction au maréchalMacdonald, qui remplace le maréchal Ney au commandement, de con-centrer toutes ses troupes, d’éviter la bataille, de se reployer sur laQueiss, et même sur le camp de Dresde , s’il avait à faire à des forcessupérieures. C’est avec cinquante mille hommes seulement que l’Em-pereur a opéré, le 22 ; car ce même jour il avait fait rétrograder surGorlitz sa garde, le corps de Marmont et la cavalerie de Latour-Mau-bourg. Le 23, dans sa route, il envoie au maréchal Ney l’ordre de lesuivre avec son corps ; mais l’ordre est mal transmis, et le maréchalrejoint seul l’Empereur : cette grave et irréparable erreur complétaà Macdonald quatre-vingt mille combattants. Le commandement du