293
HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1843.
3 e corps, celui de Ney, fut donné au général Souham. Napoléon avançaitsur Dresde à toute course ; il venait d’apprendre que les alliés avaientfranchi les montagnes de l’Erzgebirge . Il rallie en passant les corps deVictor et de Vandamme. Le 24, le maréchal Saint-Cyr, après unelégère canonnade, quitte sagement le camp de Pirna devant la grandearmée de Bohème et se retire à Dresde , qui a été mise à l’abri d’uncoup de main. Le lendemain, le prince de Scbvvartzemberg campaitdevant Dresde avec deux cent mille hommes, mais il remit l’attaqueau 26, pour attendre l’arrivée du corps de Ivlenau. Moreau, qui con-naissait le prix du temps, et qui surtout appréciait l’absence de Napo-léon , voulait que l’attaque eût lieu au moment même, et alors la villeserait nécessairement emportée. Napoléon savait que le 9 juillet, auxconférences de Tracliemberg, les Autrichiens, les Russes et les Prus-siens s’étaient donné rendez-vous à Dresde , dans le camp de l’ennemi. Ilavait formé son plan en conséquence. Les instructions tracées au ma-réchal Berthier le jour du départ de Dresde , et laissées en double auduc de Bassano, en font foi. Napoléon avait conçu deux projets pourdeux hypothèses différentes : dans l’une, marcher de Gabel sur Prague ,et envahir la Bohème; dans l’autre, franchir l'Elbe à Kœnigstein ouà Lilienstein. La démonstration qu’il venait de faire par la Silésie , surla Bohème, avait eu aussi pour but d’inspirer aux alliés l’espoir d’ar-river avant lui à Dresde , et lorsque ces mêmes alliés s’avanceraientdans la plaine, Napoléon devait, en passant les ponts de l’Elbe à Kœ-nigstein , revenir se placer sur les derrières de l’armée ennemie, en lacoupant des montagnes de la Bohème, et la forcer de recevoir la ba-taille au moment où elle comptait attaquer Dresde . Mais il fallait pourl’exécution de cette belle opération, que Dresde pût tenir jusqu’au 28;et sur cette question une réponse négative, rapportée la nuit par legénéral Gourgaud à l’Empereur, le détermine à renoncer à son des-sein. Le général Vandamme avait été chargé de débloquer Pirna : l’Em-pereur lui expédia le général Haxo, pour lui prescrire de s’emparerdes défilés de Peterswald, sur la Bohème. C’est à lui, dit Napoléon ,à ramasser l’épée des vaincus. Alors, mettant encore à profit la circon-spection autrichienne, il entre à Dresde le 26, vers dix heures du matin.Dans la matinée, tous les corps en route ont rejoint l’Empereur, quiles reçoit à l’entrée du pont et leur donne les ordres de direction. Ilétait temps : en effet, à quatre heures après midi, le prince de Schwart-