296 HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1813.
ce jour même, 28, il était maître de Ghieshubel, qu’il avait franchi ledéfilé de Peterswald, et qu’il était établi le soir à Nollendorf , aprèsavoir enlevé deux mille prisonniers aux Russes . Le bruit de sa marchea chassé de Tœplitz le corps diplomatique et tout un état-major. Lespremiers avantages de Yandamme à Pirna contre Ostermann avaientdécidé la retraite de Scliwartzemberg. C’en est fait de la grande arméede Bohème, pressée qu’elle doit être entre les maréchaux et Vandamme,maître de Tœplitz. Napoléon est arrivé à Pirna avec sa garde ; il s’y ar-rête et y déjeune. Tout à coup il est saisi par des vomissements violents,que l’on attribue à un refroidissement causé par la pluie constante dela veille. On le met en voiture, et il est transporté à Dresde .
Cette fatalité n’est pas la seule. De retour à Dresde, Napoléon ap-prend que le 26, jour de la délivrance glorieuse de cette ville, Oudi-not est en retraite devant Bernadotte , et Macdonald en mouvement pourattaquer Bliicher. Hélas! il va résulter des opérations d’Oudinot, deMacdonald, de Yandamme et de Ney, que Napoléon ne peut être rem-placé pour la victoire par aucun de ses lieutenants.
Cependant rien n’est changé aux ordres donnés aux maréchaux et àYandamme; ces ordres sont renouvelés le 29 à Dresde , et le 30 Mortiera pour mission de soutenir Vandamme avec trois divisions de la jeunegarde; aussi Yandamme néglige de laisser au moins un détachementsur les hauteurs de Peterswald, comme le premier ordre le lui pres-crivait. Mais le 30, dans la journée, Napoléon , instruit du désastre deMacdonald sur la Katzbach, a envoyé contre-ordre aux maréchaux, àYandamme. Les maréchaux le reçoivent et arrêtent leur mouvement.Yandamme ne le reçoit point, et il continue le sien. Ce jour même ilest descendu sur Ivulm avec dix bataillons; mais entre Kulm et Tœplitzil se trouve arrêté par Ostermann à la tète de douze mille grenadiersrusses. Vandamme appelle vainement à lui tout ce qu’il a laissé du1“' corps à Nollendorf; son attaque est repoussée par Ostermann, quisemble résolu à défendre Tœplitz comme le palladium de l’armée deBohème. La ténacité d’Ostermann, au lieu d’éclairer Yandamme, luiprouve au contraire toute l’importance de Tœplitz : il a d’ailleurs dix-huit mille hommes contre douze mille, et de plus il se croit suivi d’uncôté par Mortier avec la jeune garde, de l’autre, appuyé par Saint-Cyret Marmont, et il prend position à Kuhn, où il passe la nuit., malgrél’avis de ses généraux. Pendant cette nuit, l’anuée alliée, n’étant plus