HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 4813. 297
poursuivie par nos maréchaux, avait afflué sur Tœplitz par toutes lesroutes. Au point du jour, le 31, Yandamme a la certitude que ce n’estplus le corps d’Ostermann seul, mais l’armée entière de Schwartzem-berg qui est devant lui : il a le temps encore de se retirer sur Nollen-dorf, et même sur Petersxvald; c’est l’avis des généraux. Mais, le26,le général Haxo lui a dit de la part de l’Empereur, qu’il trouverait dansla vallée de Tœplitz son bâton de maréchal ; d’ailleurs il ne peut douterque les maréchaux ne soient à la suite de l’armée alliée, ils vont débou-cher sur lui au premier moment, et Napoléon lui-même marche aprèsMortier avec l’invincible garde. Yandamme se dévoue : il ne compte nises soldats, ni ses ennemis ; il est sur le terrain. Là, tout à coup débordéà droite par les Russes , à gauche par les Autrichiens, assailli par dixmille hommes de cavalerie, il voit sa gauche forcée de se reployer surArbesau; toutefois sa droite et son centre, appuyés sur Kulm, sou-tiennent le combat avec d’autant plus de vigueur, qu’une forte colonnedébouche de Nollendorf. C’est Saint-Cyr, ou Mortier, peut-être Napo-léon lui-même ; et pendant plusieurs heures les dix-huit mille braves deVandamme reçoivent et repoussent le choc de soixante-dix mille Russeset Autrichiens. Mais enfin la colonne se découvre, elle approche, etVandamme a reconnu le corps de Kleist en retraite devant Saint-Cyr .Il n’est plus possible de se maintenir à Kulm ; il faut s’ouvrir une routesanglante : les héros de Kulm l’ont juré. Corbineau est à leur tête : for-més en colonne serrée, ils se précipitent à l’arme blanche sur les Prus-siens, les culbutent, les enfoncent, les traversent, enlèvent toute leurartillerie et gravissent les hauteurs avec ce trophée qu’ils ramassent enfuyant. Dans cette affreuse bagarre, chargés avec fureur par les Russes et les Autrichiens, ils ont dû abandonner les canons de Kkist. Yan-damme, Haxo, Guyot, et sept mille hommes, tombent au pouvoir del’ennemi; trois mille restent sur le champ de bataille. Corbineau par-vient avec les généraux Dumonceau et Philippon à ramener huit millehommes qui, à deux lieues de là seulement, atteignent les troupes deSaint-Cyr. Il part pour Dresde , et le sabre prussien dont il est encorearmé apprend à Napoléon le désastre de Yandamme.
Ce fut sous ces auspices funestes pour la France , que, le 2 septembre,les trois souverains se réunirent à Tœplitz, où lord Aberdeen reçutleurs serments. Le 9, on signa en sa présence le traité qui proelamal’accession de l’Autriche à la ligue du Nord, et révéla à 1 Euroae les