298 HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1813.
mystères de Reichembach et de Trachemberg, en expliquant ceux deSlonica, de Wilna et de Kalish. Ce traité rendait à l’Autriche le statuquo de 1803, à la Prusse celui de 1805 ! l’Empereur d’Autriche donnaitlui-même rendez-vous dans le camp de l’eMnemi commun!
Napoléon avait écrit le 21 août de Lowemberg, où il venait vengerson armée de Lusace avant de voler au secours de Dresde : Aujourd’huiOudinot entre à Berlin . En effet, tandis que le maréchal Davoust occu-pait Schwerin, menaçant Rostoclt et Wismar , le duc de Reggio quittait,le 17, la position de Dahme , et le 18 il s’établissait à Raruth : malheu-reusement il demeura dans l’inaction le 19 et le 20, abandonna le joursuivant la route de Torgau à Eerlin, et il fit un mouvement sur TVit-temberg. Le 22, se voyant en face de Bernadotte , le duc de Reggio at-taqua son armée forte de cent mille hommes, et emporta les défilés deWistock et Innsdorf. Mais le lendemain, le maréchal avait donné à sestroupes une direction tellement divergente, qu’il se trouvait inférieurà son adversaire sur tous les points, tandis qu’en portant la masse deses forces sur l’extrême gauche du prince royal, il devait battre lesPrussiens qui la formaient, et contenir le centre et la droite de l’ennemiavec le septième corps commandé par le général Reynier. De cette ma-nière seulement il aurait pu arriver à Berlin . Au lieu de suivre la mar-che si impérieusement tracée par Napoléon , et combinée avec celle duprince d’Eckmühl, Oudinot avait dirigé le septième corps sur Gross-Beeren , le douzième sur Ahrensdorf, et le quatrième sur Blackenfeld,où le général Bertrand se battit toute la journée contre Tauenzien. In-struit de ces directions, le prince royal avait porté tous ses efforts sur lecentre à Gross-Beeren, jugeant bien que le succès de son attaque en-traînerait nécessairement la défaite de nos deux ailes. L’événement jus-tifia ce tic prévision. Longtemps le général Reynier, assailli par Bulowavec la plus grande impétuosité, déploya une vigueur égale à celle desennemis. L’artillerie ne décidant pas la question, et la pluie ayant rendules fusils presque inutiles, on en vint à la baïonnette, l’arme favoritede nos soldats ; mais, écrasés sous le nombre, le général français se vitforcé d’abandonner Gross-Beeren , et de se retirer sur Gottow. Le gé-néral Guilleminot avait déjà dépassé Ahrensdorf avec le douzième corps,quand la vivacité du feu l’appela à Gross-Beeren ; il reprit le village etarrêta l’ennemi. Après la défaite du septième corps, les deux ailes sereployèrent sur Trebbin . Treize pièces de canon et quinze cents prison-