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Tome second.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 4813. 299

niers, presque tous Saxons, qui le lendemain passèrent à la solde de laPrusse , servirent de trophées au prince royal.

Cependant les pertes essuyées à Gross-Beeren n’étaient pas irrépa-rables , et l’attaque de Berlin se représenta à l’esprit de Napoléon commeun projet que l’on pouvait reprendre d’autant mieux, que le princed’Eckmühl se trouvait encore à même de le seconder. En effet, le 28,cinq jours après sa défaite, le duc de Reggio s’était arrêté à Juterbogt,à dix lieues seulement du champ de bataille. La veille, à Lubnitz, legénéral Girard, sorti de Magdebourg avec six mille hommes, s’était vuattaqué par le général Hirschfeld, qui retournait au blocus de cetteville, et par la cavalerie de Czernischeff. Il avait été blessé dans cetteaction, avait perdu mille hommes et six pièces de canon, et était parvenuà rentrer àMagdebourg. L’Empereur, à la nouvelle de l’échec de Gross-Beeren , chargea le maréchal Ney de le réparer, et lui donna le comman-dement du maréchal Oudinot, avec l’ordre de se porter en avant et dereplacer, par un mouvement de flanc, l’armée sur la route de Dresde àBerlin . Il lui promit de le faire soutenir parla cavalerie du roi de Naples,et peut-être de venir lui-même décider la question de Berlin avec Berna-dotte. Mais, d’après les nouvelles qu’il reçut le 30 du maréchal Macdo-nald, Napoléon jugea sa présence plus nécessaire sur le Bober quesur l’Elbe .

Le 5 septembre, Ney commença son opération, chassa les Prussiensde leurs positions, et se remit en marche le lendemain. Il ne songeaitpas à s’engager ce jour-là; il voulait seulement doubler l’aile gauche del’armée combinée par devant Juterbogt, gagner Dahme rapidement, etse diriger sur Berün. Dans sa route, le général Bertrand rencontra auvillage de Dennevvitz le corps prussien de Tauenzien, et déjà il avaitforcé son aile gauche à reculer, quand Bulovv déboucha tout à coup à latète de quarante mille hommes. Bertrand, avec le quatrième corps, dutsoutenir ce combat inégal; il durait depuis quatre heures, lorsquel’arrivée du septième corps, attendu depuis longtemps par le maréchal,ébranla l’ennemi. Bientôt une fausse charge de cavalerie ayant misnotre infanterie à découvert, le maréchal, repoussé à son tour des deuxvillages qu’il occupait, fit avancer le douzième corps, qui ne parut qu’àmidi, tandis qu’aiusi que le septième il devait être en ligne à huitheures !

Ney ne fut ni obéi, ni secondé. Cependant de part et d’autre on