HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1813. 301
avait l'ait justice de Moreau. Tout à coup, le 30 août, le lendemain dudépart de Ney pour l’armée de Berlin , il apprend que Macdonald aessuyé sur la Katzbach une déroute complète. Cependant ce maréchalavait pour instruction de se borner rigoureusement à contenir Blücher ;d’ailleurs, plusieurs jours d’une pluie continuelle ayant rendu leschemins impraticables, fait déborder les rivières et mis les armes à peuprès hors d’état de servir, un double motif de prudence lui conseillaitde suivre les ennemis, plutôt que de les poursuivre, et de les attendredans une position qu’il aurait choisie. Mais, le 26 août, malgré lesreprésentations de ses généraux, il avait ordonné le mouvement d’at-taque. Blüclier, débarrassé de Napoléon , de la garde impériale et dequatre autres corps, reprenait aussi, et avec plus de raison, l’offensive.Il se disposait à passer la Katzbach. Les deux armées donnèrent l’unecontre l’autre, sans le savoir, au milieu d’un épais brouillard qui mas-quait leur marche respective. Lauriston attaqua Langeron, pendant queMacdonald s’avançait avec le centre sur Jauer, et que Souham à l’extrêmegauche se dirigeait sur Liegnitz , à deux lieues du maréchal. De soncôté, Blücher s’arrêta et plaça ses troupes aussitôt qu’il vit le onzièmecorps se développer entre Wemberg et Kleintentz. Macdonald avaitprescrit au général Souham de déboucher par la route de Liegnitz surJauer, au lieu de se porter en ligne avec lui pour appuyer sa gauche;mais Souham , en habile général, au bruit de la canonnade de Lauriston,se rabattit par Kroistcli sur la direction tracée pour la cavalerie : cesdeux corps se croisèrent dans le défilé long et étroit de ce village. Ils’ensuivit un encombrement épouvantable. Livrée à ses propres forces,la gauche de Macdonald se vit tournée par la cavalerie ennemie. Ellefut refoulée dans les ravins des deux rivières, et le centre rejeté dans ledéfilé du village, et le parc et les bagages du onzième corps restèrentau pouvoir des Prussiens. Acculé à la Katzbach et à la Wuthende-Neisspar les généraux Sacken et York, Macdonald s’opiniâtre à soutenir uncombat trop inégal; toutes ses tentatives pour opérer une diversionavantageuse sont inutiles, et causent des pertes considérables à sonarmée. Dans la nuit, il put enfin se retirer sur Buntzlau; mais Lau-riston, réduit à lutter toute la journée contre les cinquante millehommes de Langeron, attaqué par des forces trop supérieures près deGoldberg, n’est parvenu à rentrer dans cette ville qu’en laissant sur lechamp de bataille dix-liuit pièces de canon. D’un autre côté, la division