HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1813. 303
trograder, ainsi que le général Iüenau , par un mouvement de Napo-léon sur Liebstadt , qui nous mit en possession des positions de Gevers-berg, de Hollendorf, d’Altemberg et de Borna. Le 11, l’Empereurétait de retour à Dresde ; le 14 , le prince de Schvvartzemberg délogeales Français de Hollendorf ; le 16, ils y rentrèrent ; le 17 , Napoléon ordonna l’attaque sur Kulm , et s’empara , pour la seconde lois , desvillages qui avaient vu la perte de Yandamme ; cependant l’ennemi par-vint de nouveau à s’en rendre maître, et revint occuper encore Pe-ter swald.
Blücher, ayant jugé bientôt que Napoléon avait quitté l’armée deMacdonald , s’était reporté en avant. De son côté le maréchal français,prenant trop à la lettre les derniers ordres de l’Empereur, avait reculésans brûler une amorce de Hochkirch jusqu’à Bischoffswerda, à unepetite journée de Dresde ; il avait facilité ainsi, au lieu de la retarder,comme il le pouvait, en défendant au moins le passage de la Neisset celui de la Sprée , la jonction des trois armées alliées. Bubna , dé-barrassé de l’observation de Gabel, grâce au départ du corps de Po-niatowski que Napoléon a rappelé, touchait par sa droite à Blücher , etpar sa gauche à Schwartzemberg. Mais Blücher , inquiet de la marchedu roi de Naples sur Grossenhayn, a porté le corps de Sacken à Ka-mentz , et Macdonald se vit contraint de quitter Bischoffswerda et dese retirer sur Hartau : le roi de Naples eut affaire à Tauenzien, et pritMühlberg ; le lendemain , cette ville retomba au pouvoir de l’ennemi.Le 21 , Napoléon voulut tenter encore de livrer bataille à Blücher ; le22 , il chassa son avant-garde de Hartau, le 23, il la poursuivit jus-qu’à Goedau, mais il trouva Blücher placé à Bautzen dans une positiontellement avantageuse , qu’il ne crut pas devoir l’attaquer, notre gau-che étant débordée par le corps de Sacken , qui, de Kamentz , rejoi-gnait l’armée de Silésie . Cette fatalité enleva pour la troisième fois àNapoléon l’espérance d’attirer Blücher à une action décisive ; il fitprendre position à Macdonald , à Weissig , à deux lieues de Dresde ,où il rentra le 24. Blücher suivit ce mouvement rétrogade. Bernadotte ,plus prudent, conservait toujours son quartier général de Juterbogt,et se contenta de s’assurer, pour le passage de l’Elbe , de deux pointsfortifiés, Bosslau et Acken ; bientôt il poussait son avant-garde jus-qu’à Dessau , et faisait investir Wittemberg par Bulow : en mêmetemps, Tauenzien s’étendait sur la gauche pour communiquer avec