342 HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1813.
lune et Lauriston, fut assailli si vigoureusement par le prince Augustede Prusse , qu’ils perdirent deux fois le village ; mais l’occupation dece poste était si importante , que Napoléon lui-même ordonna une der-nière tentative, et en chassa définitivement les Prussiens. Stœtteritz,où setait reployé Macdonald, résista aux troupes de Ziethen et deBeningsen, et fut incendié par leur artillerie. A cinq heures, Napoléon,pressé de finir cette terrible attaque du centre, fit établir ses réserves d’ar-tillerie sur le plateau de Probstheyda, et refoula l’ennemi dans le vallon.Schwartzemberg, repoussé sans cesse, garnit d’une artillerie égalementformidable le plateau opposé. Deux fois Victor et Lauriston ont tentéde sortir de Probstheyda. Vial et Rochambeau sont tués à la tête deleur division. De part et d’autre , les armées immobiles tombaient fou-droyées par une mort inévitable à la peur comme au courage. Ce stupidedévouement à la discipline militaire, contre laquelle l’honneur défendau dernier soldat le moindre murmure, doit paraître, sans contredit,la preuve la plus complète du degré d’asservissement que la tyranniedes institutions peut imposer aux facultés physiques et morales de lamultitude. Cette grande destruction sur place, sans gloire et sans pas-sions , moissonna les deux camps jusqu’à la nuit, qui enfin lui enlevala clarté nécessaire à la continuation du carnage.
La bataille n’était pas moins meurtrière sur les rives de la Partha,où le prince de la Moskovva avait à combattre le prince royal de Suède et le maréchal Blücher . Menacé d’être tourné par le premier à Mockauoù Langeron a forcé le passage de la rivière, et à Taucha , le maré-chal Ney , par un changement de front rapidement conçu et habilementéxécuté , a fermé la ligne circulaire que l’armée française formaitautour de Leipsick. Alors une troupe de cavalerie et d’infanteriesaxonne, avant-garde du corps du général Reynier, aux approches dela cavalerie russe qui débouchait de Taucha , au beu de la combattre,courut à sa rencontre, et occupa à sa tête le poste d’avant-garde qu’ellevenait d’abandonner dans nos rangs. Ce n’était là que le prélude d’unetrahison en masse ; car, au moment où l’ennemi parut devant Pauns-dorf, le reste des troupes saxonnes, composant deux brigades avecquarante pièces d’artillerie, l’une sous les ordres du général de Reyssel,l’autre sous ceux du colonel de Brause, et la cavalerie vvurtember-geoise commandée par le général Normann , passèrent à l’ennemimalgré les efforts de leur digne chef, le général Zeschau, qui, fidèle