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Tome second.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1813.quelques cavaliers au milieu des ennemis : atteint de plusieurs bles-sures , entouré de tous côtés, ne pouvant plus se faire jour, il traversela Pleiss, s’avance vers les bords de l’Elster déjà garnis de tirailleursrusses, pousse son clieval dans les flots, et y rencontre la mort.

Racontons la cause de cet horrible désastre. Les alliés s’étaient enfinrendus maîtres des faubourgs; l’arrière-garde française se trouvait re-foulée sur les boulevards, lorsque la défection d’un bataillon badois, enabandonnant la porte Saint-Pierre, ouvrit à l’ennemi l’entrée de la villeoù il se précipita. Alors nos trois corps d’armée qui la défendent s’ef-forcent de gagner la grande route en combattant toujours. Leur valeurhéroïque eût assuré leur retraite, si l’officier du génie, chargé de ladestruction du pont après le passage, n’eût pas confié cette importantecommission à un simple caporal de sapeurs. Cependant, le feu des Ba-dois et des Saxons du haut des murs de la vieille ville, d’où ces infâmesdéserteurs tiraient sur nos soldats, et surtout les tirailleurs de Lange-ron répandus sur la rive de la Pleiss, ont produit un grand désordreautour du pont. Le sapeur, armé de la mèche fatale, croit que l’ennemiarrive en masse, il exécute sa consigne et détruit l’unique voie de salutpour nos braves soldats, dont la valeur contient encore le gros desalliés. Dès lors cette héroïque arrière-garde, deux cents pièces de ca-non et un matériel immense sont enlevés à Napoléon. L’état-major gé-néral et l’arme du génie ne se laveront jamais du reproche d’un aussicoupable oubli de leurs devoirs ; le commandant de cette arme avouelui-même que, du 5 au 19, on aurait eu le temps de jeter cinquanteponts sur les deux rivières : à Wagrain , il n’avait fallu que douze heuresde nuit pour en jeter six en face des Autrichiens. Après cet aveu et cesprécédentsque le commandant du génie détourne comme il le pourrala terrible responsabilité d’un désastre qui pèse presque tout entier sursa tète! A la vérité, les ennemis perdirent plus de quatre-vingt millehommes ; mais cette perte énorme ne compensait pas la désorganisationde notre armée, l’abaissement de notre fortune et la ruine de notre in-fluence en Europe . Les journées de Leipsick nous coûtèrent une tren-taine de mille hommes dont vingt mille morts. Vingt-deux mille blessésrestèrent dans les hôpitaux de Leipsick ; dix-sept de nos généraux fu-rent pris. Le roi de Saxe aussi fut fait prisonnier. On le déclara traîtreaux alliés pour n’avoir pas trahi son allié; il fut emmené en Prusse.

Napoléon était en arrière du dernier pont de Lindenau , au moment