HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 4813. 319
d’une armée de cinquante mille hommes. De Wrède eut la barbarie defaire jouer cent pièces de canon contre une ville amie , et la honte delaisser une brigade devant la citadelle où s’étaient renfermés Tharreauet ses douze cents braves.
Le 29 , de Wrède occupait Hanau avec le gros de son armée. Napo-léon , instruit de cette circonstance , partit de Scliluchtern et renversales brigades autrichiennes et bavaroises qui inquiétaient son passage.Certain qu’une bataille devait encore ouvrir à son armée les portes dela vieille France , il fit diriger sur Coblentz tous les bagages , sous laprotection de la cavalerie des généraux Milhaud et Lefebvre - Des-nouettes. En effet, le 30, quarante-cinq mille hommes l’attendaientsur la Kintzig , en avant de Hanau , couverts par une artillerie formi-dable. Au débouché de la forêt qui sépare les deux armées, Napo-léon , faute d’artillerie , est obligé de suspendre l’attaque et de se bor-ner à la fusillade de ses tirailleurs. A trois heures, le général Drouotparaît avec cinquante pièces de la garde, et fait taire le feu de l’ennemi.Mais une charge générale de la cavalerie austro-bavaroise, profitant dumoment où le général Nansouty étend la sienne sur la droite , entourede si près l’artillerie française, que les canonniers doivent défendreleurs pièces à l’arme blanche. Alors la cavalerie de la garde et les cui-rassiers dégagèrent l’artillerie, et, culbutant par une charge à fond l’in-fanterie ainsi que la cavalerie des ennemis, dispersèrent entièrementleur gauche. Cependant le général de Wrède, pour favoriser sa re-traite, engagea sa droite dans une attaque vigoureuse, qui, bientôtarrêtée par une autre partie de la garde, n’eut pas plus de succès quela première ; et l’armée austro-bavaroise, repoussée en désordre au delàde la Kintzig, ne put se rallier que la nuit sous le canon de Hanau , aprèsavoir eu six à sept mille hommes tués , blessés et prisonniers. Ainsi setermina cette bataille que la trahison avait préparée à Ried et à Braunau .
Le lendemain, le maréchal Marmont entra dans Hanau : il poursui-vit l’ennemi, et tomba sur son aile droite, l’enfonça, et l’accula sur leMein. Cette entreprise réussit comme Napoléon l’avait ordonné. Le ma-réchal Mortier, resté le 30 à Gelnhausen , put faire sa jonction avec legros de l’armée. Marmont se reploya au delà de la Kintzig. Le qua-trième corps, commandé par le général Bertrand, demeura devantHanau et occupa le débouché de Lamboi. Le général de Wrède revintsur le maréchal Marmont, et voulut reprendre Hanau ; mais, après