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Tome second.
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322 HISTOIRE DE NAPOLEON . — 1813.

France. Mais le traité de Ried entre l’Autriche et la Bavière étant venudonner tout à coup à la guerre d’Italie un caractère plus dangereux,en ouvrant aux troupes autrichiennes les défdés du Tyrol, le vice-roia cru devoir resserrer sa ligne. Ce prince se trouvait, comme son pèreadoptif, les armes à la main contre son beau-père ; comme Napoléon ,il fut trahi dans son camp, et marcha entre la défection du roi de Ba-vière et la perfide amitié du roi de Naples. Si Joachim, que Napoléon et le vice-roi appellent au secours de l’Italie , reste fidèle, la route deVienne reverra Eugène et Murat, et Napoléon devra son salut à ceux àqui il a confié les insignes royaux de lTtalie pour les défendre contreles ennemis de la France . Tous deux sont ses élèves, ses compagnonsd’armes. Il appelle l’un son fils et l’autre son frère.

La tâche d’Eugène est cruelle : condamné à redescendre les premiersdegrés de la gloire militaire de Napoléon , à franchir les pentes et nonplus les sommets des Alpes Juliennes , sa retraite est une lutte perpé-tuelle. Le 31 octobre, il prend Bassano aux Autrichiens ; le 5 novembre,après avoir secouru Palma-Nova et organisé la défense de Venise , il sereplie sur l’Adige, et porte son quartier général à Vérone . Le 15, ilbat à Caldiero le général Bellegarde; le 27, un revers enlève aux Fran-çais Ferrare et Bovigo ; les Autrichiens s’opiniâtrent à occuper ces deuxterritoires, parce qu’ils savent que Joachim, qui a fait dresser sestentes derrière celles du vice-roi, attend des nouvelles du prince Cariati,son négociateur auprès du cabinet de Vienne . Ce prince est resté àNaples avec l’Autrichien Neipperg et un envoyé de l’Anglais Bentinck.Les proclamations couvrent lTtalie. De Bavennes, le général Nugentpromet aux Italiens le bonheur dont Us jouissent à présent sous lamaison d’Autriche ; Joachim leur annonce hautement leur indépendance.Cependant le vice-roi fait construire un pont à Borgo-Forte et armerle fort de Plaisance pour défendre le passage du Pô contre nos alliés deNaples. L’attitude équivoque ou plutôt menaçante du roi Joachim étaitl’objet constant de la correspondance de l’Empereur avec le vice-roi.Faites-lui toutes les prévenances possibles, écrivait Napoléon à Eugène,le 3 décembre, pour en tirer le meilleur parti. En attendant, et d’aprèsles ordres de l’Empereur, les villes, les arsenaux, les magasins des pro-vinces françaises et italiennes sont ouverts aux Napolitains. Joachim ademandé des armes à l’Empereur ; il les reçoit pour les tourner bientôtcontre la France . Zara a succombé à un siège et à un bombardement