324 HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1813.
naîtra la liberté du commerce et de la navigation à la France . Aprèsl’acceptation de ces bases, une ville sera neutralisée sur la rive droitedu Rhin pour la négociation. » M. de Saint-Aignan arrive à Saint-Cloud et remplit sa mission. Napoléon propose Manheim pour le con-grès , et nomme pour plénipotentiaire le duc de Yicence, à qui il donnele portefeuille des affaires étrangères ; mais, dans l’intervalle de la cor-respondance du cabinet de France avec celui d’Autriche , parut, le1 er décembre, la trop fameuse déclaration de Francfort , qui, par unarrêt européen de la coahtion, sépara tout à coup la cause de Napoléon de celle de la nation française, au moment où on négociait avec lui lapaix du monde! Le lendemain, M. de Vicence écrivait à M. de Metter-nich, que l’Empereur adhérait aux bases proposées. Ce n’était point lemanifeste de Francfort qui était une improvisation de la politique desalliés, mais bien les propositions faites à M. de Saint-Aignan.
Dès le principe, l’Autriche avait senti qu’il lui fallait du temps pourarmer sa médiation, et elle y employa les deux mois de la négociationde Plesvvitz et du prétendu congrès de Prague . Il en était de même àl’égard de la coahtion; elle avait décidé la destruction de Napoléon etde l’empire français : toutefois il lui fallait aussi du temps afin de sefaire ouvrir toutes les portes de la France , et elle en avait trouvé lemoyen dans la fallacieuse négociation de Francfort , pour laquelleNapoléon s’est trouvé disposé aux plus grands sacrifices. Déjà, aprèsLeipsick, l’Autriche avait cherché à séduire cette neutralité, admirableprivilège que l’Europe , depuis plusieurs siècles, reconnaissait à laSuisse; le 18 octobre, la Suisse l’avait de nouveau réclamée, et Napo-léon s’était empressé d’y adhérer. Mais le cours du Rhin , depuis Râlejusqu’à la mer, ne suffisait pas à l’invasion européenne ; les alliés déci-dèrent secrètement à Francfort, que la neutralité helvétique serait trai-tée comme une protection du sol français, et l’oligarchie bernoise , quigardait la frontière allemande, convint de prêter la main à la violationdu territoire helvétique par le prince de Schvvartzemberg, qui deFrancfort était allé lui-même négocier cette trahison. Ainsi rien nepourra plus arrêter l’envahissement de la France : le Rhin est livréaux coalisés à Râle, à Rheinfelden, à Schaffouse, et la route de Genève est devant eux. On charge Schvvartzemberg du premier mouvement,Bubna du second; Blücher attend la nouvelle de leur marche pourpasser le Rhin à Manheim; Bernadotte attend aussi en Hollande, pour