HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1813. Rio
entrer en Belgique, que Blücher ait mis le pied dans la vieille France .Cependant qu’ont-ils à craindre, ces généraux à la tète de leurs massesvictorieuses? Ils n’ont laissé derrière eux que des captifs à Hambourg ,à Dantzick et dans quelques places du Nord. Dès le 11 novembre, lemaréchal Saint-Cyr avait capitulé à Dresde pour ses trente-deux millehommes avec les généraux Tolstoï et Klenau. Mais le dernier ambassa-deur d’Autriche à Paris , le généralissime Scbwartzemberg, a refusé deratifier la capitulation; et, lorsqu’ils s’avancaient vers la France ,Saint-Cyr et son armée ont été investis, désarmés, conduits prisonniersen Autriche ! Ce fut ainsi que Sclrwartzemberg préluda à la violationde la neutralité helvétique. Le 21 novembre, Stettin , après huit moisde blocus, ouvre ses portes ; le 24, Amsterdam reçoit le général Bulovv,proclame l’indépendance de la Hollande et le rappel de la maisond’Orange; le 2 décembre, Utrecht se rend; le 4, les Suédois sont dansLubeck; le 10, l’ennemi occupe Breda et Willemstadt; enfin, le 15,pour qu’il ne restât plus en Europe un seul allié à Napoléon, le fidèleroi de Danemark signe, malgré lui, un armistice avec les Russes . Ce-pendant la forte ville de Torgau , où vingt-sept mille hommes ont étéentassés dans les maisons d’une population de quatre mille cinq centshabitants, a subi tous les maux de l’humanité, toutes les horreurs dela guerre : en proie à une contagion qui dévore quatre cents hommespar vingt-quatre heures, bombardée nuit et jour, livrée à la famine,au désespoir, elle n’a plus d’autre asile pour ses morts que les glacesde l’Elbe . Son cimetière est occupé par l’ennemi. Son gouverneur,Narbonne, le négociateur de Prague , a péri victime du typhus. Le gé-néral Dutaillis, qui le remplace, aura jusqu’au dernier moment la forcede tenir fermées à l’ennemi les portes de cette malheureuse place.
Cependant, le 11 décembre, au milieu des désastres de ses troupesd’outre-Rhin , et des trames machiavélistes de la coalition, Napoléon,par le traité de Yalençay, donne un gage solennel à la paix dont il areconnu les bases posées par les alliés eux-mêmes, et rend l’Espagne àFerdinand.
Le duc de Bassano avait encore entamé une autre négociation avecle pape; il la continua, quoiqu’il ne fût plus ministre des relationsextérieures; l’évêque de Plaisance, qui en était le plénipotentiaire, lafit connaître par des lettres qu’il publia dans les journaux. Ainsi Napo-léon , en traitant avec Ferdinand et avec le pape, était allé de lui-même