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Tome second.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1813.au-devant de ces bases de Francfort , qu’on lui refusait depuis qu’il lesavait acceptées.

Cependant, le 15 novembre, un sénatus-consulte avait appelé troiscent mille hommes sous les armes; un autre avait fixé au 15 dé-cembre l’ouverture du corps législatif. Le 17 de ce mois, un décretimpérial mobilisait cent quatre-vingt mille gardes nationaux, pour ren-forcer les garnisons de l’intérieur. Napoléon a besoin de toutes les res-sources de la France et de toutes celles de son génie, au moment où ildoit faire face aux périls sans nombre qui l’environnent : pour trouverdes secours et du dévouement dans de si graves circonstances, il avaitconvoqué le sénat, le corps législatif et le conseil d’état. Il ouvrit ences termes cette séance solennelle, dont les suites furent si fatales àlui-même et à la France :

« Sénateurs, conseillers d’état, députés des départements

AU CORPS LÉGISLATIF,

« D’éclatantes victoires ont illustré les armes françaises dans cettecampagne : des défections sans exemple ont rendu ces victoires inutiles.La France même serait en danger sans l’énergie et l’union des Fran-çais .... Je n’ai jamais été séduit par la prospérité : l’adversité me trou-vera au-dessus de ses atteintes; j’ai plusieurs fois donné la paix auxnations lorsqu’elles avaient tout perdu. D’une part de mes conquêtesj’ai élevé des trônes pour des rois qui m’ont abandonné; j’avais conçude grands desseins pour la prospérité et le bonheur du monde.... Mo-narque et père, je sens que la paix ajoute à la sécurité des trônes et àcelle des familles. Des négociations ont été entamées avec les puissancescoalisées : j’ai adhéré aux bases préliminaires qu’elles m’ont présen-tées; rien ne s’oppose de ma part au rétablissement de la paix.... »

Les pièces de la négociation furent communiquées au sénat et au corpslégislatif, qui nommèrent chacun une commission pour leur examen.Le 30, la commission du sénat présenta son adresse à l’Empereur; lesénat approuvait tous les sacrifices demandés à la France dans le butde la paix. « —C’est le vœu de la France , dit la députation; c’est lebesoin de l’humanité. Si l’ennemi persiste dans ses refus, eh bien, nouscombattrons pour la patrie entre les tombeaux de nos pères et les ber-ceaux de nos enfants. »