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Tome second.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1813. 327

Le sénat de Rome ne s’exprimait pas autrement quand Annibal cam-pait à ses portes ; mais si le temps était le même, les hommes étaientdifférents.

Napoléon répondit : « Ma vie n’a qu’un but, le bonheur des Français .Cependant, le Béarn, l’Alsace, la Eranche-Comté, le Brabant, sontentamés ; les cris de cette partie de ma famille me déchirent l’àme :j’appelle des Français au secours des Français; j’appelle les Français deParis, de la Bretagne, de la Normandie , de la Champagne, et d’autresdépartements, au secours de leurs frères. Les abandonnerons-nous dansleur malheur? Paix et délivrance de notre territoire! doit être un cri deralliement. A l’aspect de tout ce peuple en armes, l’étranger fuira ousignera la paix sur les bases qu’il a lui-même proposées. Il n’est plus questionde recouvrer les conquêtes que nous avons faites. » C’était parler en grandhomme et en grand citoyen. Le rapport de la commission au sénatétait également digne de la nation, du sénat et de Napoléon. Il se ter-minait ainsi : « Le moment est décisif. Les étrangers tiennent un langagepacifique; mais quelques-unes de nos frontières sont envahies et laguerre est à nos portes. Trente-six millions d’hommes ne peuventtrahir leur gloire et leur destinée.... Rallions-nous autour de ce dia-dème, où l’éclat de cinquante victoires brille au travers d’un nuagepassager. La fortune ne manque pas longtemps aux nations qui ne semanquent pas à elles-mêmes. » Le sénat de Borne, celui de Sparte , celuide 93, auraient fait triompher cette maxime généreuse, ou ils auraientpéri pour elle. Mais, peu de mois après, le grand principe que procla-mait le sénat de 1813 fut perdu pour la France et pour lui, et il ysurvécut tout entier.

L’attitude du corps législatif eut moins de noblesse : au lieu d’accourirau secours de la patrie et de son souverain , il instruisit le procès del’empire avec la liberté ; sa commission sembla n’être que l’organe duparti de l’étranger, au lieu de l’être des départements de la France .«.... On ne veut pas nous humilier, dit l’orateur de la commission,on veut seulement nous renfermer dans nos limites et réprimer l’élan d’uneactivité ambitieuse, si fatale depuis vingt ans à tous les peuples de l’Europe .De telles propositions nous paraissent honorables pour la nation,puisqu’elles prouvent que l’étranger nous craint et nous respecte. Ce n’est paslui qui assigne des bornes à notre puissance ; c’est le monde effrayé quiinvoque le droit commun des nations. Les Pyrénées, le Rhin et les