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Tome second.
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334 HISTOIRE DE NAPOLEON . — 1814.

lité de la garde nationale, l’Empereur signe les lettres patentes quiconfèrent la régence à l’Impératrice; le 24, par une confiance que rienne justifie, il abandonne la capitale de la France à son frère Josephqui s’était laissé ravir Madrid et l’Espagne ; dans la nuit, il embrassesa femme et son fils pour la dernière fois et part, le 25 au matin, enjurant de vaincre et de sauver la patrie. Quoique toute l’Europe soitarmée contre lui, il tiendra ce serment s’il n’est pas trahi par des com-pagnons d’armes. Le 26 , le quartier général se trouve à Châlons-sur-Marne; les avant-postes sont à Vitry. Napoléon vient d’entrer en cam-pagne. Nos troupes vont manœuvrer dans ces plaines de Valmy où vingtans auparavant les Français ont remporté leur première victoire contreles Prussiens, sous le vieux Kellermann qui les conduit encore. Napo-léon passe toute la soirée à recueillir des nouvelles, et voici ce qu’ilapprend : la grande armée autrichienne, descendue des Yosges, a dirigésa plus forte colonne sur Troyes ; un corps de vieille garde, commandépar le duc de Trévise , a défendu le terrain pied à pied, et livré deglorieux combats à Colombey-les-Deux-Églises et à Bar-sur-Aube ; maisla ville de Troyes n’en court pas moins un danger imminent. Le duede Raguse est derrière la Meuse, entre Saint-Miliiel et Vitry ; le ducde Bellune, qui semble destiné partout à commettre des fautes presqueaussi fatales que des trahisons, a abandonné les défilés des montagnes,et s’est replié, ainsi que le prince de la Moskowa, sur Yitry-le-Fran-çais. Toute l’armée française , moins le duc de Tarente que le duc deValmy doit attendre à Chàlons , se trouve réunie sous la main de l’Em-pereur; instruit que le duc de Trévise se retire de Troyes , il lui donneavis de sa marche et vole, dès le 27, attaquer un corps de Blücher à S ain t.Dizier, le chasse de cette ville avec vigueur et coupe en deux l’armée deSilésie. La présence de Napoléon jette la tem _r parmi les ennemis, elleranime le courage des habitants et nous amène une foule de nouveauxdéfenseurs ; on déterre ses armes, on se précipite sur l’ennemi ; on luifait de nombreux prisonniers, l’enthousiasme est universel! Napoléon arésolu d’empêcher la jonction de Blücher avec Sclrvvartzemberg, et sedirige vers Troyes par Brienne , où la rupture du pont de Lesmont-sur-Aube avait retenu ce général. Napoléon s’en réjouit, il voudrait qu’unegrande bataille livrée pour le salut de la France immortalisât ce bourgde Brienne , son second berceau, cette école militaire que, trente ansaprès en être sorti, il est réduit à conquérir sur des Busses et des